Le leader religieux saoudien veut interdire le jeu d'échecs, "une perte de temps et d'argent"

Le grand mufti a provoqué un tollé et l'hilarité, sur les réseaux sociaux, en lançant une fatwa pour interdire ce jeu millénaire.

Atous Pourkashiyan, Iranienne et Fatemah Al-Jeldah, Syrienne, jouent une partie d'échecs lors des Jeux asiatiques, le 18 novembre 2010, à Canton (Chine).
Atous Pourkashiyan, Iranienne et Fatemah Al-Jeldah, Syrienne, jouent une partie d'échecs lors des Jeux asiatiques, le 18 novembre 2010, à Canton (Chine). (GOH CHAI HIN / AFP)

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"Les échecs sont interdits. C'est une perte de temps et d'argent et (ils) provoquent l'animosité entre les joueurs", estime le grand mufti d'Arabie saoudite, cheikh Abdel Aziz Al-Cheikh, dans une vidéo extraite d'un programme de télévision et postée en ligne en décembre 2015. Réapparue autour du jeudi 21 janvier, la vidéo de cette fatwa interdisant, au nom de l'islam, ce jeu millénaire, a provoqué colère et réponses humoristiques sur les réseaux sociaux.

Une tentative "stupide", selon le joueur Garry Kasparov

"La tentative de l'Arabie saoudite d'interdire les échecs est stupide, nous devrions nous préoccuper davantage de leurs interdictions concernant les droits de l'Homme et la démocratie", a publié le légendaire joueur d'échecs Garry Kasparov sur son compte Twitter.

"Le mufti d'Arabie a déclaré les échecs 'haram' (interdit par la religion). Apparemment ce jeu requiert l'utilisation de votre cerveau et ça c'est 'haram'", a ironisé sur le même réseau social le producteur de télévision libanais Nasser Fakih. "Ok, et qu'en est-il de la PlayStation et de la Xbox, halal ou haram ?", se demande un utilisateur de Twitter sous le compte @RaKaN4you.

Quelques élus français ont aussi réagi, comme le député de Paris Pascal Cherki, avec un jeu de mots.

Ou encore Pierre Laroche, conseiller municipal à Courbevoie, qui ironise sur le grand mufti, "un homme très tolérant qui s'est aperçu qu'une reine pouvait avoir un pouvoir supérieur au roi"

En 2001, le même mufti avait déjà recommandé l'interdiction des jeux d'aventure pour enfants de la série Pokémon qui "s'apparentent à un jeu d'argent en raison de la compétition, impliquant parfois le paiement de sommes d'argents, entre les collectionneurs des cartes".