L'Azerbaïdjan s'est acheté des soutiens à l'étranger, révèle une enquête de journaux européens

L'Azerbaïdjan cherche des soutiens dans son conflit avec l'Arménie sur le Haut-Karabakh, mais surtout à "faire taire les critiques sur la répression politique orchestrée par le clan du président Ilham Aliyev, au pouvoir depuis quatorze ans", révèle "Le Monde".

Le président de l\'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, s\'exprime devant le Conseil de l\'Europe à Strabsourg (Bas-Rhin), le 24 juin 2014.
Le président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, s'exprime devant le Conseil de l'Europe à Strabsourg (Bas-Rhin), le 24 juin 2014. (FREDERICK FLORIN / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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On l'appelle "la diplomatie du caviar". L'Azerbaïdjan a dépensé 2,5 milliards d'euros entre 2012 et 2014, notamment pour s'attacher des soutiens à l'étranger, comme au Conseil de l'Europe, révèlent, mardi 5 septembre, plusieurs journaux européens.

Cette enquête publiée mardi 5 septembre, intitulée "Laundromat" ("Lessiveuse"), menée conjointement par l'Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) et une dizaine de journaux dont le français Le Monde, l'allemand Suddeutsche Zeitung, le britannique The Guardian ou le danois Berlingske, décortique plus de 16 000 transactions passées pour ce montant. Le gouvernement azerbaïdjanais n'avait pu être joint mardi matin pour obtenir une réaction.

Un système servant à "blanchir des fonds à la provenance douteuse"

Selon Le Monde, ces transactions qui "forment sans doute seulement la partie émergée de l'iceberg" ont été effectuées, notamment via la filiale estonienne de la Danske Bank, par "quatre sociétés domiciliées au Royaume-Uni et secrètement liées au régime azerbaïdjanais".

L'étude des relevés de ces transactions dévoile un système servant à "blanchir des fonds à la provenance douteuse, à financer le train de vie des caciques du régime et à acheter moyennant espèces sonnantes et trébuchantes des amitiés à l'étranger", poursuit Le Monde.

Selon le quotidien français, l'Azerbaïdjan cherche des soutiens dans son conflit avec l'Arménie sur le Haut-Karabakh mais surtout à "faire taire les critiques sur la répression politique orchestrée par le clan du président Ilham Aliyev, au pouvoir depuis quatorze ans".

D'anciennes figures de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, spécialisé dans la défense des droits de l'homme, figurent selon le journal parmi les bénéficiaires des largesses de cette république du Caucause issue de l'éclatement du bloc communiste en 1991.