En décembre, Kim Dotcom chantait en compagnie de P. Diddy et Kanye West dans le clip de la MegaSong, chanson à la gloire de la plateforme d’hébergement et de téléchargement Megaupload. Mais depuis jeudi 19 janvier et la fermeture du site par la justice américaine, le registre a changé pour son fondateur, âgé de 37 ans. Arrêté en Nouvelle-Zélande avec trois autres dirigeants, il est accusé d’avoir accumulé plus de 175 millions de dollars (135 millions d'euros) grâce à des activités frauduleuses et d'avoir entraîné un manque à gagner de plus de 500 millions de dollars (386 millions d'euros) auprès des ayants droit.

Vendredi matin, Kim Dotcom a comparu devant le tribunal en Nouvelle-Zélande, assurant n’avoir "rien à cacher". Pourtant, le dirigeant de l’empire "Mega" s’est employé, pendant des années, à agir en secret. FTVi s’est penché sur la personnalité et le parcours de cet homme, aussi extravagant que mystérieux.

Un investisseur bling-bling et exubérant

Connu pour avoir fondé Megaupload, Megavideo, Megaporn et bien d'autres sociétés, Kim Dotcom (Kim "Pointcom" en français) l’est encore plus pour son train de vie, son physique et sa fortune, qu’il n’hésite pas à étaler dans les médias.

Fêtes à gogo, photos de vacances, courses de vitesse au volant de voitures de luxe et achat de la maison la plus chère de Nouvelle-Zélande selon le quotidien New Zealand Herald (lien en anglais) : rien n'est trop tape-à-l'œil pour celui qui circule au volant de véhicules immatriculés "Dieu".

Dernier coup d’éclat en date : à peine installé en Nouvelle-Zélande, il débourse 500 000 dollars (387 000 euros) pour offrir à Auckland le feu d’artifice le plus long de son histoire (10 minutes) pour le nouvel an 2011. Un spectacle qu'il a regardé aux côtés de sa femme… à bord de son hélicoptère.

Dans une lettre au blog américain TorrentFreak (lien en anglais), il reconnaît avoir donner "un aperçu de [son] train de vie luxueux" aux médias, tout en fustigeant le traitement qu'ils lui réservent : "Mon erreur fut d'inclure les médias et de leur dire ce qu'ils voulaient entendre. (…) À cause de cette ouverture, j'ai été transformé en bouc émissaire (...) en Allemagne en 2000." 

Un "Al Capone" du web aux multiples identités

Car le passé peu glorieux de Kim Dotcom alias Kim Schmitz de son vrai nom, lui colle à la peau. Condamné pour escroquerie, recel d'objets volés et hacking de systèmes informatiques pendant les années 90, l'Allemand est reconnu coupable d'un des plus gros délits d'initiés de son pays en 2002, comme le rappelle L'Express.

Soucieux de conserver une image proprette, Kim Schmitz déménage alors à Hong Kong où il se présente sous le nom de Kim Jim Tim Vestor. Il y fonde la société Megaupload Limited en 2005, grâce à un passeport finlandais, explique le site Owni.fr. Son empire se bâtit au fur et à mesure des créations de sociétés. En 2010, nouveau déménagement, cette fois en Nouvelle-Zélande, où il annonce à la presse avoir légalement changé son nom pour l'actuel Kim Dotcom. 

"Schmitz voudrait qu'on le voit comme un Robin des bois, mais sa situation est plutôt comparable à celle d'Al Capone au moment de la prohibition : la loi qu'il viole est peut-être injuste et inapplicable, il n'en reste pas moins un truand", estime Fluctuat.net à propos des sites fondés par le trentenaire. Un "truand" arrêté avec "une arme qui avait l'apparence d'un fusil de chasse à canon scié" près de lui, précise un inspecteur néo-zélandais dans Le Parisien. 

De quoi ajouter à un portrait déjà peu flatteur. Ses nombreuses condamnations lui ont en effet valu le surnom de "Dr Evil", en référence au film Austin Power, note le site américain Cnet News"Dr Evil s'en sort toujours", avait un jour rétorqué Kim Dotcom aka Schmitz aka Jim Tim Vestor. La justice américaine pourrait lui donner tort.