Six ans après la catastrophe de Fukushima : "La situation japonaise doit servir à alerter la France"

À l'occasion du sixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, l'organisation de protection de l'environnement Greenpeace appelle à manifester samedi contre le nucléaire. 

La centrale dévastée de Fukushima Daiichi (Japon), le 10 février 2016.
La centrale dévastée de Fukushima Daiichi (Japon), le 10 février 2016. (TORU HANAI / AFP)
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franceinfoRadio France

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Six ans après la catastrophe de Fukushima, et l'accident nucléaire de la centrale au Japon, l'organisation non-gouvernementale de protection de l'environnement Greenpeace appelle à manifester dans toute la France pour alerter sur les dangers du nucléaire. À Fukushima, "la catastrophe nucléaire continue", déclare Cyrille Cormier, chargé de la campagne "énergies" pour Greenpeace, sur franceinfo samedi 11 mars.

franceinfo : six ans après la catastrophe, la centrale de Fukushima est encore une bombe à retardement ?

Cyrille Cormier : La catastrophe nucléaire dure depuis six ans. Chaque jour, le sol, les eaux et l'air continuent à être pollués par des substances radioactives ou par la radioactivité du site en lui-même. C'est extrêmement préoccupant. En réalité, on ne se remet pas d'un accident nucléaire. Et la situation qui nous alerte particulièrement en ce sixième triste anniversaire, est celle des centaines de milliers de déplacés. Après l'accident, ils ont dû partir. On veut aujourd'hui les faire revenir à proximité de la centrale pour définitivement habiter dans une zone qui reste extrêmement dangereuse pour eux sur le plan radiologique.

Et donc, vous manifestez aujourd'hui pour rappeler les dangers du nucléaire.

Oui, parce que la situation japonaise doit servir à alerter la France. Nous avons le plus grand parc nucléaire du monde. En tout cas notre part d'électricité provenant du nucléaire est la plus grande du monde. Sauf que nous possédons des réacteurs extrêmement vieux, certains ont 40 ans d'existence comme à Fessenheim ou à la centrale du Tricastin. Un accident est toujours possible en France.

C'est aussi l'occasion d'alerter les candidats à l'élection présidentielle sur ces dangers ?

On alerte surtout les citoyens, mais depuis 2012 le débat politique a évolué depuis 2012. Plusieurs candidats ont tranché. À droite, on reste très dogmatique en prétendant continuer le programme nucléaire. EDF est au bord de la faillite et l’entreprise Areva a complètement disparu. Elle est en situation de banqueroute totale. Cela n'est pas sérieux.

Six ans après la catastrophe de Fukushima : "La situation japonaise doit servir à alerter la France", selon Greenpeace
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