Iran : pour Peugeot, un retour en terrain connu

Les entreprises françaises entendent profiter de la levée des sanctions contre l’Iran, à commencer par les constructeurs automobiles. Les Iraniens achètent un million de voitures chaque année : un marché alléchant ! Renault négocie deux partenariats. Mais c’est Peugeot qui va faire le plus gros investissement.

(L'usine Iran Khodro, partenaire de Peugeot en Iran © Radio France / Mathilde Lemaire)
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Peugeot et l’Iran vivent une histoire d’amour tumultueuse. Dans Téhéran comme dans toutes les villes iraniennes, on croise quantité de 405 et de 206. Pendant longtemps, l’Iran a été le second marché de la marque française. Mais une rupture est intervenue en 2012. Cette année-là, Peugeot s’allie à l’américain General Motors qui exige l’arrêt net de la collaboration avec l’Iran son ennemi de toujours.

Peugeot accepte et quitte l’Iran du jour au lendemain sans préavis.

Ce départ a été vécu dans le pays comme une trahison, comme un abandon. Le partenaire iranien de Peugeot "Iran Khodro" a alors continué de produire des 405 et des 206 mais sans la licence ! A Paris, Peugeot a fermé les yeux sur ces "contrefaçons", pariant sur un retour un jour en Iran. Ce jour-là est arrivé : avec la fin des sanctions le mois dernier, la collaboration a vite repris.

Une décision unanimement saluée par les responsables de l’usine Iran Khodro située à une heure au nord de Téhéran. Là-bas, le bruit des machines se mêle à l’appel à la prière dans les haut-parleurs. Trois fois par jour, les ouvriers s’interrompent et déplient leurs tapis à côté de la chaîne d’assemblage. C’est le seul détail qui retient l’attention dans cet usine moderne ordinaire pour le reste.

"Nos clients réclament des Peugeot. Sans licence, on n’a pu produire que les vieux modèles pendant quatre ans. Avec la nouvelle collaboration de nos ingénieurs, on va pouvoir fabriquer ici les derniers modèles comme la berline 301. Elle très attendue" , explique le responsable de la chaîne d’assemblage, Bakht Azma.

La galère des pièces détachées

A quelques kilomètres de là, dans un garage du centre de Téhéran, Keyrosro réparateur, le nez dans un capot de 405, salue lui aussi le retour de Peugeot car cela marque pour lui la fin d’années de galère. 

"Depuis quatre ans, nous n’avons plus de pièces détachées Peugeot. Alors, pour remplacer les pièces usées, on s’est mis à acheter des copies de pièces aux chinois. Mais ce sont des pièces de mauvaise qualité ", explique le jeune homme en montrant un radiateur en fin de vie et des plaquettes de freins abîmées. "A cause de cela, certaines voitures tombent en panne à chaque carrefour. Ça va faire du bien de récupérer de vraies pièces pour réparer les voitures de nos clients de manière plus sûre ", ajoute-t-il.

Le temps de remettre concrètement en route la collaboration franco-iranienne, il faudra attendre tout de même le second semestre 2017 pour retrouver des pièces détachées authentiques et des Peugeot authentiques fabriquées de A à Z en Iran. La marque française compte produire à cette échéance 200 000 véhicules par an, c'est-à-dire quinze voitures par heure.

 

Iran : Peugeot revient. Le reportage, à Téhéran, de Mathilde Lemaire
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