Enseignants et personnels des hôpitaux publics ont entamé, mercredi 18 septembre, en Grèce, un mouvement de grève de 48 heures, dans un climat assombri par le meurtre d'un militant antifasciste imputé aux néonazis.

Le secteur public cesse le travail pour protester contre un plan de réformes prévoyant des suppressions de postes et une mobilité imposée dans la fonction publique. Ce mouvement de grève est organisé à l'appel du principal syndicat de fonctionnaires, Adedy. Il intervient quelques jours avant la venue à Athènes de la "troïka", composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, qui doit faire le bilan des réformes engagées dans le pays.

Un climat tendu

Quelques heures avant le début des manifestations à Athènes, un artiste antifasciste de 34 ans est mort des suites de blessures au couteau, après une rixe. L'incident s'est produit vers minuit dans la banlieue de Keratsini, à l'ouest d'Athènes, selon des sources policières. La victime, Pavlos Fyssas, est un artiste de hip hop. Le principal suspect, un homme de 45 ans, membre du parti néonazi Aube dorée, a été interpellé par la police en possession d'un couteau.

Le porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, a "dénoncé" ce meurtre à la radio Alpha. Il a promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir de tels faits. Le parti néonazi a immédiatement démenti toute implication dans cet incident meurtrier, qui pourrait nourrir un climat de tension lors des défilés prévus à travers le pays. Les observateurs politiques estiment que la Grèce n'est pas à l'abri d'incidents au cours des manifestations, qui pourraient faire basculer le fragile équilibre de la coalition gouvernementale.

Des manifestants lors d'un mouvement de contextation des enseignants devant le Parlement à Athènes (Grèce), le 16 septembre 2013.
Des manifestants lors d'un mouvement de contextation des enseignants devant le Parlement à Athènes (Grèce), le 16 septembre 2013. (YORGOS KARAHALIS / REUTERS)