Fukushima : retour à Naraha, ville fantôme

Au Japon, la ville de Naraha, totalement évacuée après la catastrophe nucléaire de 2011 est redevenue habitable. Le retour autorisé par Tokyo ne rassure pas pour autant les anciens habitants.

(Le retour à Nahara a donné lieu à une cérémonie officielle © Koji Sasahara/AP/SIPA)
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La ville de Naraha au Japon est à nouveau habitable depuis samedi, selon les autorités de Tokyo. Ce retour, possible mais peu prisé, est une première pour une cité totalement évacuée après l'accident nucléaire du 11 mars 2011. 

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Revenir ou pas à Naraha, c’est tout le dilemme que vivent les anciens habitants de cette commune sans vie depuis la catastrophe de Fukushima. Le gouvernement japonais veut, lui, démontrer qu’il est possible de décontaminer toute une région après un accident nucléaire.

Une incitation au retour

La ville de Naraha est située à 30 km de la centrale de Fukushima, dans la zone interdite après la catastrophe du 11 mars 2011, que les autorités décontaminent, en raclant le sol, les champs, les habitations. Naraha est considérée aujourd’hui par le gouvernement japonais comme assainie. L’exposition à la radioactivité est revenue, dit-il, à un niveau inférieur à 20 millisieverts par an. La ligne ferroviaire a été rétablie. Un supermarché et une banque ont rouvert. Un centre de diagnostic médical est en construction.

Les 7.400 habitants sont donc priés de rentrer. Le gouvernement japonais a même laissé entendre qu’il ne financera bientôt plus les maisons en préfabriqué dans lesquelles les réfugiés de la catastrophe vivent gratuitement depuis plus de quatre ans.

Mais les jeunes semblent avoir quitté Naraha pour toujours. Seules, des personnes âgées y reviendront pour finir leurs jours. D'après les médias japonais, seulement un peu plus de 10% des anciens habitants se seraient inscrits au programme de réinstallation.   

Jusqu'à présent, le retour a été autorisé dans des parties évacuées des communes de Kawauchi et de Tamura, également situées dans la province de Fukushima. Mais c'est la première fois que la levée concerne une ville qui avait été totalement vidée de ses habitants.