Réfugié dans l'ambassade d'Equateur à Londres, Julian Assange continue de s'en prendre aux Etats-Unis. Le fondateur du site WikiLeaks a expliqué, vendredi 22 juin, qu'il voulait "attirer l'attention" sur un complot ourdi, selon lui, par Washington. Assange devait être extradé vers la Suède, qui le réclame dans une affaire de viol et d'agressions sexuelles présumés.

Il craint l'extradition vers les Etats-Unis

"Nous espérons que ce que je fais actuellement va tout simplement attirer l'attention sur les questions sous-jacentes", a déclaré Assange à la radio australienne ABC, dans l'ambassade où il est réfugié depuis mardi. Depuis que l'affaire a éclaté, il ne cesse de répéter qu'il est victime d'un complot des Etats-Unis, en raison de la divulgation par WikiLeaks en 2010 de milliers de documents diplomatiques américains confidentiels. Son inquiétude est que la Suède l'extrade vers les Etats-Unis, où il pourrait, selon lui, encourir la peine de mort pour espionnage.

A ce jour, Washington n'a cependant engagé aucune poursuite. L'Australie assure ne pas avoir connaissance d'une quelconque volonté des Etats-Unis dans ce sens, mais Assange a accusé les responsables officiels de "rhétorique mielleuse".

"Les Equatoriens sont sensibles à mes luttes"

Il a par ailleurs expliqué avoir choisi l'ambassade d'Equateur plutôt que celle de son propre pays, l'Australie, car il estime que ce dernier n'a rien fait pour le protéger, ce que Canberra dément. "Dans les faits, j'ai été face à une véritable déclaration d'abandon", a jugé Assange. "Il n'y a eu que des mots creux. Je n'ai rencontré personne de l'ambassade d'Australie depuis décembre 2010", a-t-il ajouté.

"On a entendu dire que les Equatoriens étaient sensibles à mes luttes et à la bataille de l'organisation (WikiLeaks) avec les Etats-Unis", a-t-il dit. "La vie en Equateur est bien meilleure que derrière des barreaux. Ce sont des gens généreux, sympathiques". L'Equateur avait proposé d'accueillir le quadragénaire dès novembre 2010.

Pour Assange, la perspective d'une extradition semble inéluctable depuis le rejet le 14 juin par la Cour suprême britannique de son ultime demande de réexamen du dossier.