Agressions du Nouvel An à Cologne : où en est l'enquête ?

Malgré l'avancée des investigations, menées conjointement par les polices locale et fédérale, des zones d'ombre subsistent.

Des véhicules de police sont garés devant la gare de Cologne (Allemagne), le 11 janvier 2016.
Des véhicules de police sont garés devant la gare de Cologne (Allemagne), le 11 janvier 2016. (OLIVER BERG / DPA / AFP)
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Toute la lumière n'a pas encore été faite sur les circonstances des violences massives commises le soir du Nouvel An à Cologne, dans l'ouest de l'Allemagne. Près d'un millier de jeunes hommes s'étaient rassemblés dans le centre-ville, et des centaines de femmes ont été détroussées ou agressées sexuellement. Où en est l'enquête ?

Pas de preuve que les violences étaient préméditées

Rien ne permet pour l'instant d'établir que les agressions avaient été planifiées. Le JDD affirmait dimanche que "les enquêteurs y voient la main de la mafia marocaine, de plus en plus puissante dans la région". Quant au ministre fédéral de la Justice, Heiko Maas, il affirmait le même jour : "Quand une telle horde se rassemble pour enfreindre la loi, cela paraît sous une forme ou une autre planifié. Personne ne me fera croire que cela n'a pas été coordonné ou préparé."

Mais, lundi, un haut responsable policier, Dieter Schürmann, l'a clairement contredit, assurant "qu'aucun élément issu de l'enquête" ne permettait de dire que les événements avaient été "organisés ou pilotés".

Des dizaines de suspects identifiés, dont une majorité de demandeurs d'asile

Selon Ralf Jäger, le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, les jeunes hommes soupçonnés d'avoir commis des crimes et délits étaient "presque exclusivement" des personnes "d'origine immigrée", notamment d'Afrique du Nord et d'autres pays arabes.

Deux enquêtes sont en cours, l'une au niveau régional, l'autre au niveau fédéral. La police fédérale a identifié 32 suspects. Parmi eux figurent neuf Algériens, huit Marocains, cinq Iraniens, quatre Syriens, un Irakien, un Serbe, un Américain et trois Allemands. Vingt-deux d'entre eux sont demandeurs d'asile. Tous sont soupçonnés de vols et de violences.

La police locale a pour sa part identifié 19 suspects, dont 14 originaires du Maroc et de l'Algérie. Quatre personnes ont été placées en détention provisoire pour des faits de vol, et non pour des agressions. Par ailleurs, parmi ces 19 suspects, dix sont des migrants, dont neuf en séjour illégal en Allemagne, selon l'agence DPA.

40% des plaintes portent sur une agression sexuelle

Au total, 516 plaintes ont été déposées auprès de la police de Cologne et de la police fédérale, dont 40% (237) pour agression sexuelle. Dans 107 de ces 237 plaintes, des faits de vol ont également été dénoncés. Pour les 279 autres, il s'agit de plaintes pour violences physiques et vols.

Ralf Jäger n'a pas caché qu'il était difficile de savoir à combien de condamnations l'enquête allait finalement donner lieu. "Créer ici de faux espoirs serait malhonnête vis-à-vis des femmes qui ont été victimes de ces bandes d'hommes déchaînés", a-t-il souligné.

Des effectifs de police trop faibles ce soir-là

Les autorités ont reconnu la faiblesse des effectifs déployés ce soir-là. Ralf Jäger a jugé "inacceptable" l'image donnée par la police de Cologne ce soir-là.

Les forces présentes auraient dû demander "des renforts d'urgence pour faire face à cette évolution inattendue de la situation". Le ministre régional a en revanche balayé une critique du ministre fédéral de l'Intérieur, Thomas de Maizière. Celui-ci avait affirmé que la police avait fait évacuer la place et attendu qu'il y ait des plaintes plutôt que de venir en aide aux victimes au moment des faits.