Aung San Suu Kyi a achevé, mardi 26 juin, son tour d'Europe. La députée birmane n'était pas venue sur le Vieux continent depuis vingt-trois ans. Elle est passée par cinq pays, et elle a parfois été reçue avec les honneurs habituellement réservés aux chefs d'Etat.

En Suisse, elle a prononcé le 14 juin un discours à l'ONU, à Genève, face aux investisseurs et aux gouvernements étrangers, afin d'aider le processus démocratique en Birmanie.

En Norvège, l'élue birmane a reçu, le 23 juin à Oslo, le prix Nobel de la paix qui lui avait été décerné en 1991, alors qu'elle était placée en résidence surveillée dans son pays.

Au Royaume-Uni, elle s'est rendue à Oxford le 20 juin, dans l'université où elle avait fait ses études, et où elle a élevé ses deux fils, qui possèdent la nationalité britannique. Lors de sa visite, elle a reçu un doctorat honoris causa en droit. Elle a également pu s'entretenir avec le Premier ministre britannique David Cameron et le prince Charles. Elle s'est également adressée au Parlement britannique, à Westminster, un privilège accordée aux chefs d'Etat ou à la reine Elizabeth II.

En Irlande, Bono, chanteur du groupe U2, l'a accueillie telle une rock star lors d'une cérémonie spéciale organisée par Amnesty International. Elle a reçu le prix "Ambassadeur de conscience", en référence à ses années de détention en tant que prisonnière d'opinion (prisoner of conscience, en anglais) en Birmanie. Il s'agit de la distinction la plus prestigieuse de l'organisation.

En France, François Hollande l'a reçue, mardi 26 juin, à l'Elysée, pour un entretien et un dîner. Le 27 juin, elle a reçu à Paris sa décoration de citoyenne d'honneur de la ville, que la capitale française lui avait décerné en 2004.

La députée birmane Aung San Suu Kyi à Oslo (Norvège), le 15 juin 2012.
La députée birmane Aung San Suu Kyi à Oslo (Norvège), le 15 juin 2012. (VEGARD GROETT / SCANPIX NORWAY / AFP)