"Brexit" : trois questions sur l'accord conclu par les 28 pays de l'Union européenne

A l'issue du sommet organisé à Bruxelles, David Cameron a annoncé son intention de faire campagne pour le maintien de son pays au sein de l'Union.

David Cameron (à droite), lors des négociations avec le président du parlement européen Donald Tusk (à gauche), et du président de la Commission européenne Jean-Claude Junker. 
David Cameron (à droite), lors des négociations avec le président du parlement européen Donald Tusk (à gauche), et du président de la Commission européenne Jean-Claude Junker.  (FRANCOIS LENOIR / AFP)

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Fumée blanche à Bruxelles (Belgique). Après un sommet marathon, les dirigeants européens sont parvenus à un accord vendredi 19 février au soir sur les demandes de réformes du Premier ministre britannique David Cameron pour tenter de maintenir son pays dans l'Union européenne. La question devra désormais être soumise à un référendum outre-Manche qui devrait avoir lieu en juin. Francetv info revient sur les éléments importants de ce dossier.

Que contient l'accord ?

D'un point de vue politique, David Cameron a obtenu la modification des traités européens qui existent aujourd'hui. Le Royaume-Uni sera ainsi exempté de l'objectif d'une poursuite de l'intégration politique dans le cadre de l'engagement des traités européens envers une "union sans cesse plus étroite" des peuples d'Europe.

Le Premier ministre britannique a également remporté une précieuse victoire sur la question des avantages sociaux dont bénéficient les travailleurs étrangers, qui constituait un point d'achoppement lors des négociations. Londres aura le droit de ne pas accorder les avantages liés au statut de salarié aux nouveaux arrivants sur son sol d'autres Etats de l'UE pour leurs quatre premières années dans le pays. La création d'un "frein d'urgence" a également été acté. Celui-ci devrait permettre de limiter lors de circonstances exceptionnelles le paiement des aides sociales pour les nouveaux arrivants pour une durée de sept ans.

Autre point important, le projet met l'accent sur la nécessité de faire "jeu égal" en matière de régulation financière et bancaire. Il donne le droit à au Royaume-Uni de superviser les établissements financiers et les marchés pour préserver la stabilité financière. Mais cela se fera "sans préjudice" au droit de l'Union européenne d'agir pour protéger la stabilité financière.

Comment a réagi David Cameron ?

Lors d'une conférence de presse qui a suivi l'annonce de l'accord, le Premier ministre britannique s'est longuement félicité du compromis arraché, qui donne selon lui un "statut spécial" à son pays dans l'Union. David Cameron a annoncé qu'il allait le défendre dès samedi aux membres de son gouvernement.

Il pourra ainsi donner le coup d'envoi de la campagne pour le référendum sur le maintien ou non de son pays dans l'Union, qui devrait se tenir le 23 juin, et sur lequel les Britanniques sont divisés. Face aux médias, il a pressé les Britanniques de voter pour le maintien dans l'Union, expliquant que cet accord leur offrait "le meilleur des deux mondes".

Il s'est félicité d'avoir garanti que le Royaume-Uni ne rejoindrait jamais l'euro, qu'il ne ferait jamais partie d'un "super-Etat" européen, que les allocations sociales seraient limitées pour les travailleurs européens installés dans le pays, et que la supervision des banques britanniques soit effectuée par la Banque d'Angleterre.

Quelles ont été les réactions des autres dirigeants européens ?

La chancelière allemande Angela Merkel s'est également félicitée de la conclusion de l'accord, estimant qu'il donnait à David Cameron "les outils lui permettant de faire campagne pour garder le Royaume-Uni dans l'UE". "Les conditions sont réunies pour que l'Europe continue d'avancer", a de son côté réagi François Hollande, soulignant notamment que l'accord préservait l'égalité entre les places financières européennes.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a lui aussi salué le compromis, précisant qu'il n'autorisait "pas de veto" britannique aux décisions de la zone euro. Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a pour sa part indiqué voir le verre "aux trois-quarts plein". Et de mettre la pression sur son homologue anglais : "la partie commence maintenant (...). Il vaut mieux avoir un Royaume-Uni qui clarifie son attitude vis-à-vis de l'UE que de continuer avec une attitude vacillante".