Dôme de protection de Tchernobyl : ce n'est qu'une "étape provisoire"

Pour Stéphane Lhomme, directeur de l'Observatoire du nucléaire, l'arche de protection qui va progressivement recouvrir, à partir du 15 novembre, le réacteur de l'ancienne centrale de Tchernobyl n'est qu'une solution provisoire.

Stéphane Lhomme lors de la primaire d\'EELV au côté d\'Eva Joly en juin 2011 à Paris.
Stéphane Lhomme lors de la primaire d'EELV au côté d'Eva Joly en juin 2011 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)
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Invité de franceinfo mardi 15 novembre, Stéphane Lhomme, directeur de l'Observatoire du nucléaire, estime que la mise en place du dôme de protection entamée ces dernières heures à Tchernobyl (Ukraine), n'est qu'une "étape provisoire". Stéphane Lhomme estime que l'arche placée au-dessus du premier sarcophage construit en 1986, ne va pas empêcher de "continuer à empoisonner la vie des habitants pendant des centaines d'années, voire peut-être des millénaires."

Si le spécialiste "espère" que l'installation de la nouvelle arche "n'entraînera pas l'effondrement" de l'ancienne, il ajoute que même si les opérations se passent bien, "on aura pas du tout réglé le problème. (...) On a toujours ce magma de produits radioactifs extrêmement dangereux qu'il va falloir attaquer. On ne sait pas comment, découper en petits morceaux au péril de la santé de personnes qu'on va envoyer."

[Un accident nucléaire] est plus que jamais possible en France

Stéphane Lhomme

directeur de l'Observatoire du nucléaire

"Tout ceci préfigure ce qui va se passer à Fukushima", conclut Stéphane Lhomme. Au Japon, "trois réacteurs sont en fusion. Ils font toujours l'objet de refroidissement, et il faudra de la même manière s'y attaquer dans 5 à 20 ans".

Le directeur de l'organisme indépendant est par ailleurs convaincu qu'un accident nucléaire "est plus que jamais possible en France", compte tenu de l'état "de délabrement avancé" des réacteurs français et des anomalies découvertes "sur des centaines de pièces".