Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, se rend à Catshuis, sa résidence officielle, le 29 mars 2012.
Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, se rend à Catshuis, sa résidence officielle, le 29 mars 2012. (EVERT-JAN DANIELS / AFP)

Crise politique aux Pays-Bas. Le Premier ministre, Mark Rutte, a présenté lundi 23 avril à la reine Beatrix la démission de son gouvernement de centre-droit, selon les médias néerlandais. Une décision qui fait suite à l'échec, samedi, des négociations sur la réduction du déficit public.

Le Parti pour la Liberté (PVV), formation islamophobe et eurosceptique de Geert Wilders - qui assurait au gouvernement une majorité à la chambre basse de 76 sièges sur 150 jusqu'à la récente démission d'un de ses députés -, a créé la surprise samedi en quittant la table des négociations. Il a ainsi rompu l'accord de soutien conclu avec le parti libéral (VVD) de Mark Rutte et les chrétiens-démocrates (CDA) du vice-Premier ministre, Maxime Verhagen. A eux trois, ils formaient une coalition gouvernementale depuis octobre 2010.

Législatives anticipées

Depuis le 5 mars, ils cherchaient à s'entendre sur les mesures à prendre pour dégager 16 milliards d'euros d'économies afin de réduire le déficit public des Pays-Bas. Le pays est menacé de perdre son triple A, son déficit ayant atteint 4,7% du PIB en 2011, bien au-delà de la norme de la zone euro de 3%.

Durant sept semaines, rien ou presque n'avait filtré sur la teneur des discussions qui se déroulaient presque quotidiennement à la résidence de Mark Rutte. Mais la rupture a été consommée samedi. Dans l'après-midi, le Premier ministre a annoncé que les trois partis avaient "échoué à trouver des réponses communes". Pour lui, des élections législatives anticipées sont maintenant "évidentes".

Un gouvernement avait déjà chuté en 2010

Le paquet de mesures sur la table des négociations prévoyait notamment une légère hausse de la TVA, un gel du salaire des fonctionnaires ainsi qu'une réduction du budget de la santé et de l'aide aux pays en développement. Des mesures refusées par le Parti de la Liberté de Wilders.

Le gouvernement de Mark Rutte avait été formé à l'issue d'élections anticipées organisées après la chute, en février 2010, du gouvernement du chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende. Il était tombé en raison de désaccords au sein de la coalition de centre-gauche sur la prolongation de la mission militaire néerlandaise en Afghanistan.