Sur quelque 270 passagers du navire qui a chaviré, vendredi 11 octobre, dans les eaux maltaises, 206 rescapés ont été repêchés, selon la marine italienne. Majoritairement syriens et palestiniens, les migrants survivants commencent à raconter les circonstances de leur départ. Récit.

Majoritairement syriens et palestiniens...

Contrairement aux victimes du naufrage de Lampedusa, le 3 octobre, en majorité des Erythréens, les rescapés de ce naufrage étaient syriens et palestiniens. Parmi les 146 survivants interrogés par la police maltaise à leur arrivée, 117 ont indiqué être syriens, 27 qu'ils venaient de Palestine, un du Liban et un autre de Tunisie, selon un porte-parole du ministère de l'Intérieur maltais. 

Les premiers fuient les combats et la situation dramatique de leur pays, en proie à la guerre civile depuis plus deux ans. C'est le cas d'Achour, un Syrien qui a perdu sa femme enceinte de jumeaux et leur fils de 2 ans, et qui a raconté avoir fui "une situation horrible" pour assurer "un avenir à sa famille". Le cap des 2 millions de réfugiés a été atteint mi-août. Les seconds tentent eux aussi d'échapper à la situation conflictuelle qui oppose Israël et la Palestine. 

... dont le départ depuis la Libye a été chaotique

Tous ont quitté, jeudi 10 octobre, Zouara, en Libye, une localité située à 60 km seulement de la frontière tunisienne. Ceux partis directement de Zouara ont dit avoir versé 1 000 dollars (738 euros) aux passeurs tandis que ceux venus d'Egypte évoquent un tarif de 3 000 à 4 000 dollars (2 200 à 3 000 euros) pour le passage. 

Ils ont expliqué avoir essuyé des tirs qui auraient endommagé leur bateau. "Il y a eu une lutte furieuse, des cris à la radio et au téléphone avec quelqu'un qui exigeait que nous retournions à terre, mais le capitaine ne s'est pas arrêté", raconte Molhake Al-Roarsan, un jeune Syrien de 22 ans, interrogé par le journal La Stampa. Il assure que "trois jeunes ont été blessés, deux aux bras, un aux jambes".

Le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU a aussi parlé de "plusieurs passagers blessés", évoquant des coups de feu provenant "peut-être de miliciens". Selon La Repubblica, les tirs provenaient d'une vedette libyenne "qui faisait probablement partie d'une autre bande criminelle". Enfin, l'agence Ansa parle de "deux personnes tuées par les tirs" des Libyens : "Ils tiraient dans tous les sens, à bord c'était la panique, les gens essayaient de se protéger les uns les autres."