La Libye interdit aux navires des ONG aidant les migrants d'approcher de ses côtes

Dorénavant, tous les navires étrangers devront demander une autorisation aux autorités libyennes pour entrer dans une zone située au large de son littoral, une mesure visant explicitement les ONG.

Des membres des ONG Médecins sans frontières et SOS Méditerranée viennent en aide à des migrants dans la mer Méditerranée, le 27 juin 2017.
Des membres des ONG Médecins sans frontières et SOS Méditerranée viennent en aide à des migrants dans la mer Méditerranée, le 27 juin 2017. (LENA KLIMKEIT / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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La tâche déjà ardue des ONG qui sillonnent la Méditerranée pour sauver les migrants de la noyade va se compliquer. La marine libyenne a annoncé, jeudi 10 août, la création d'une "zone de recherche et de secours" au large de ses côtes, qui sera interdite aux navires étrangers, "sauf demande expresse de la part des autorités libyennes". Et les autorités ne se cachent pas de viser les ONG.

Selon un porte-parole de la marine, le général Ayoub Kacem, cette décision cible "les ONG qui prétendent vouloir sauver les migrants clandestins et mener des actions humanitaires""Nous souhaitons envoyer un message clair à tous ceux qui portent atteinte à la souveraineté libyenne et manquent de respect aux gardes-côtes et à la marine", poursuit-il. Les ONG pointent souvent du doigt le comportement des gardes-côtes libyens envers les migrants.

"Vous devez respecter notre volonté"

Profitant du chaos qui règne en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, des trafiquants font passer chaque année des dizaines de milliers de migrants à destination de l'Italie, en leur demandant d'importantes sommes d'argent. "Vous devez respecter notre volonté" et "obtenir l'autorisation de l'Etat libyen même pour les opérations de secours", a-t-il poursuivi le porte-parole de la marine en s'adressant aux ONG. 

La marine libyenne n'est pas en mesure de sécuriser ses frontières maritimes et a récemment sollicité l'aide de l'Italie. Les autorités qui ont fait cette annonce sont celles loyales au chef du gouvernement d'union nationale, reconnu par la communauté internationale, mais qui peine à asseoir son autorité en dehors de Tripoli.