Sept hommes mis en examen à Dunkerque après une agression présumée de migrants

La police avait repéré deux véhicules à l'arrêt, dans une lande déserte de Loon-plage (Nord). Des migrants fuyaient un bosquet, assurant avoir été agressés par des hommes masqués.

Des migrants rejoignent le port d'où partent les ferries vers l'Angleterre, à Loon-Plage (Nord), le 26 janvier 2016.
Des migrants rejoignent le port d'où partent les ferries vers l'Angleterre, à Loon-Plage (Nord), le 26 janvier 2016. (MAXPPP)
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Sept hommes soupçonnés ont été mis en examen et placés en détention provisoire, vendredi 12 février, car ils sont soupçonnés d'avoir agressé cinq migrants à Loon-plage (Nord), dans la nuit de mercredi à jeudi. Le parquet de Dunkerque indique qu'ils ont été mis en examen des chefs de "violences volontaires n'ayant pas entraîné d'incapacité totale de travail commises en réunion" et de "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes".

Des barres de fer découvertes sur les lieux

Pendant la nuit, les policiers avaient repéré deux véhicules stationnés dans une lande déserte, habituellement utilisée par des migrants du camp de Grande-Synthe pour tenter de monter dans des camions empruntant les car-ferries pour Douvres. Les sept occupants "se rendaient dans un bosquet" alors que "plusieurs migrants sortaient de cette zone en courant".

Ces derniers ont alors indiqué aux policiers présents sur les lieux qu'ils "qu'ils se faisaient agresser par plusieurs personnes", selon le parquet. Parmi les cinq victimes – des Kurdes irakiens – deux ont expliqué avoir pris la fuite devant des hommes masqués, dont deux portaient des barres de fer. Trois autres victimes n'ont pas souhaité être entendues. Sur les lieux de l'agression, les policiers ont découvert deux barres de fer, puis une troisième dans un véhicule, ainsi qu'une bombe lacrymogène.

Sympathisants des "mouvements anti-migrants"

Les agresseurs présumés, âgés de 24 à 47 ans, originaires du Pas-de-Calais, de la région parisienne et de Bretagne, sont "clairement des sympathisants des mouvements anti-migrants à Calais", avait indiqué le procureur Eric Fouard. Lors de leurs gardes à vue, "certains ont déclaré s'être rendus près du Port de Loon Plage afin de prendre des photographies pour alimenter un site internet nommé 'Calais ideoscope'", précise le parquet, connu pour ses positions islamophobes et anti-migrants.

Les suspects ont contesté les violences, mais ont reconnu que trois d'entre eux "s'étaient armés de barres de fer selon eux pour se défendre contre les migrants en cas d'agression". L'un d'eux a reconnu être le leader du groupe. "Il a déclaré que le but de l'expédition était de prendre des photographies et qu'il avait emporté des armes de type matraque pour se défendre." Il a lui aussi contesté toute violence sur les migrants".