Migrants : l'Union européenne trouve une "position commune" en vue d'un accord avec la Turquie pour stopper les arrivées

Les propositions des 28 Etats membres doivent être présentées vendredi matin au Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.

Des réfugiés venus de Syrie et d'Afghanistan débarquent d'un bateau des gardes-côtes grecs, sur l'île de Mytilène (Grèce), le 17 mars 2016.
Des réfugiés venus de Syrie et d'Afghanistan débarquent d'un bateau des gardes-côtes grecs, sur l'île de Mytilène (Grèce), le 17 mars 2016. (GUILLAUME PINON / AFP)
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Ce n'est pas encore un accord, encore moins un texte rédigé, mais c'est un début. Les dirigeants des 28 pays de l'Union européenne, réunis à Bruxelles, ont finalisé une "position commune", jeudi 17 mars, en vue d'un accord avec la Turquie pour stopper l'afflux de migrants aux portes de l'Europe. C'est le Premier ministre luxembourgeois qui l'a annoncé, tard dans la nuit, au terme des négociations. Cette position doit être présentée au Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, vendredi matin.

Hollande ne garantit pas "une conclusion heureuse"

Ce compromis trouvé entre les 28 n'est pas un texte formel, mais "une position commune" avec des "lignes rouges" à ne pas franchir, qui servira de mandat de négociation au président du Conseil européen, Donald Tusk, a expliqué une source européenne.

"Je ne peux pas vous garantir qu'il y aura une conclusion heureuse", a prévenu François Hollande, jeudi, après la fin des négociations. Angela Merkel, elle, a salué une "bonne opportunité de mettre fin au trafic d'êtres humains".

Lors d'un premier sommet, le 7 mars, la Turquie avait proposé de récupérer tous les nouveaux migrants arrivant dans les îles grecques, y compris les demandeurs d'asile. Mais plusieurs pays membres de l'Union européenne craignent que d'éventuelles expulsions collectives soient illégales, ce dont a averti l'ONU.

Chypre prêt a discuter avec la Turquie

Se pose également la question des contreparties offertes à la Turquie. Elle obtiendrait une aide financière de Bruxelles, une accélération du processus de libéralisation des visas pour ses ressortissants, et une relance de ses négociations d'adhésion à l'Union européenne. Chypre, en conflit avec Ankara, a pour la première fois évoqué, jeudi, la possibilité d'un "compromis".

Les Européens s'engageraient également à accueillir un Syrien demandeur d'asile vivant en Turquie pour chaque Syrien renvoyé en Turquie depuis la Grèce, dans la limite de 72 000 places. "Notre proposition est toujours sur la table. Mais la Turquie ne deviendra jamais une prison à ciel ouvert pour les migrants", a prévenu Ahmet Davutoglu, jeudi, avant de s'envoler pour Bruxelles.