L'Allemagne refoule de plus en plus de migrants vers l'Autriche

La plupart des migrants refoulés par l'Allemagne le sont "parce qu'ils ne souhaitent pas demander asile dans ce pays", selon la police autrichienne.

Des policiers escortent des migrants dans un avion en vue de leur expulsion, le 9 décembre 2015 à l'aéroport de Munich (Allemagne).
Des policiers escortent des migrants dans un avion en vue de leur expulsion, le 9 décembre 2015 à l'aéroport de Munich (Allemagne). (CHRISTOF STACHE / AFP)

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Les autorités allemandes refoulent vers l'Autriche un nombre croissant de migrants cherchant à gagner la Scandinavie, a indiqué, lundi 12 janvier, la police autrichienne. "Le nombre quotidien de migrants refoulés est passé de 60 en décembre à 200 depuis le début de l'année", selon David Furtner, porte-parole de la police de Haute-Autriche. Cette province voit passer la majeure partie du flux de migrants désirant entrer en Allemagne, soit 1 000 à 2 000 personnes par jour.

La plupart des migrants refoulés par l'Allemagne le sont "parce qu'ils ne souhaitent pas demander asile dans ce pays", explique David Furtner. La majorité d'entre eux sont "des Afghans qui cherchent à gagner la Suède et le Danemark, mais aussi des Marocains et des Algériens", précise-t-il. Un certain nombre de migrants sont également refoulés parce qu'ils ne disposent pas de papiers d'identité valables, a expliqué le policier.

L'Autriche renforce ses contrôles à la frontière slovène

Le durcissement des conditions d'entrée posées par les autorités allemandes coïncide avec la mise en place de contrôles stricts par la Suède et le Danemark à leurs propres frontières, ainsi qu'avec des violences dans lesquelles ont été mis en cause des individus d'origine étrangère à Cologne le 31 décembre.

De retour en Autriche, la quasi-totalité des migrants refoulés retentent une entrée en Allemagne et finissent pour la plupart par réussir à pénétrer dans ce pays par des voies détournées.

Des responsables politiques autrichiens demandent désormais un renforcement des contrôles à la frontière austro-slovène, par où arrivent les réfugiés ayant traversé les Balkans. Le chancelier social-démocrate Werner Faymann, jusqu'à présent très accommodant dans ce dossier, a lui-même annoncé, dans une interview à paraître mardi dans le quotidien Kronen Zeitung, l'introduction prochaine de contrôles accrus à la frontière slovène. Ces contrôles viseraient notamment, si la loi l'autorise, à "faire le tri entre réfugiés économiques et réfugiés de guerre", a-t-il précisé.