"Je veux devenir médecin" : Jannat, irakienne, fait sa rentrée en France comme des milliers d'autres enfants migrants

Ils seront parmi les 12,4 millions d'enfants qui feront leur rentrée lundi : les enfants migrants. L'année dernière, ils ont été plus de 50 000 à intégrer le système scolaire français. Rencontre avec une future élève de CP qui a fui l'Irak.

En 2016, plus de 50 000 enfants migrants avaient fait leur rentrée dans le système scolaire français. Ici, lors d\'un cours de français au collège Albert-Camus de Mirama (Bouches-du-Rhône).
En 2016, plus de 50 000 enfants migrants avaient fait leur rentrée dans le système scolaire français. Ici, lors d'un cours de français au collège Albert-Camus de Mirama (Bouches-du-Rhône). (BORIS HORVAT / AFP)
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Anne LamotteRadio France

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Lundi, près de 12,4 millions d'élèves de primaire, collège et lycée franchiront les grilles de leur établissement pour la rentrée. Parmi eux, des dizaines de milliers d'enfants migrants dont le français n'est pas la langue maternelle. L'année dernière, ils étaient 52 500 à être scolarisés. Ce sont des Syriens, des Irakiens, des Afghans, des Sri Lankais ou des Tchétchènes. Cette rentrée pas comme les autres n'est pas toujours facile à appréhender pour ces élèves. 

Au Centre d'accueil de demandeurs d'asile (Cada) de Brou-sur-Chantereine, en Seine-et-Marne, des cartons remplis de stylos à plume, effaceurs, feutres, gommes, scotch ou tubes de colle s'entassent sur une grande table. Ces fournitures serviront notamment à Jannat, 7 ans, une Irakienne qui a fui l'Irak avec ses parents il y a deux ans. La petite fille trépigne : elle a hâte de s'en servir. Elle veut apprendre à lire et à écrire. 

Un apprentissage de la langue très rapide

Jannat a l'air sereine. Pourtant, la petite fille intrègre une classe de CP classique. Plusieurs sessions de soutien sont prévues pour elle au cours de l'année mais elles ne seront pas quotidiennes. Qu'importe, cela ne semble pas la perturber : pas peur du maître, pas peur des autres élèves, pas peur de se sentir perdue. Jannat est ambitieuse. "Je veux devenir médecin, déclare-t-elle avec assurance. Je sais bien que les études sont difficiles mais quand je serai vraiment très grande, dans longtemps, j'adorerais devenir médecin."

Jannat ne parle pas français mais d'après Zainab, sa mère, ça ne devrait pas poser de problème à l'école. "Avant d'arriver en France, on est passé par la Belgique et, en trois mois seulement, elle parlait néerlandais", explique-t-elle. Un phénomène constaté par Aimie Thiebe, référence sociale du Cada : "On trouve que les enfants apprennent très vite", assure-t-elle. Selon elle, il suffit parfois de quelques semaines d'école pour voir revenir les enfants avec un bon niveau de français. Mais la rapide progression des enfants sur le plan linguistique peut entraîner des effets pervers. En effet, les enfants deviennent souvent des traducteurs pour leurs parents. "On le voit constamment", analyse Aimie Thiebe.

Les parents n'apprennent pas le français aussi rapidement que leurs enfants donc les enfants perdent leur place d'enfant

Aimie Thiebe

à franceinfo

Zainab le reconnaît : "Je me souviens, en Belgique, chez le médecin par exemple, je ne comprenais pas certains mots alors elle me faisait la traduction." La mère de famille promet qu'elle va prendre des cours du soir même si ça ne sera pas aussi évident que pour sa fille qui taille déjà ses crayons pour son premier jour d'école.