Emmaüs menace de ne pas ouvrir lundi le centre humanitaire pour migrants à Paris

L'association réclame des garanties de l'État pour pouvoir remplir sa mission d'accueil inconditionnel.

Des membres d\'Emmaüs Solidarité distribuent de la nourriture lors d\'une évacuation du campement de la Chapelle, à Paris, le 9 mai 2017.
Des membres d'Emmaüs Solidarité distribuent de la nourriture lors d'une évacuation du campement de la Chapelle, à Paris, le 9 mai 2017. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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"Si nous n'avons pas de garanties de la part de l'État, nous n'ouvrons pas lundi prochain." Emmaüs Solidarité a menacé, mardi 5 septembre, de ne pas ouvrir le centre humanitaire pour migrants qu'il gère porte de la Chapelle, à Paris, s'il n'obtient pas d'ici lundi des garanties de l'État pour pouvoir remplir sa mission d'accueil inconditionnel.

Ce serait une première depuis l'installation du centre en novembre, a assuré à l'AFP Aurélie El Hassak-Marzorati, la directrice générale adjointe d'Emmaüs Solidarité. "Il faut qu'on ait des réponses cette semaine, un engagement fort de la part de l'État, sinon on ne pourra pas continuer", a-t-elle ajouté, en avertissant qu'au delà, "il n'est pas exclu qu'on réfléchisse à sortir totalement du dispositif".

"Absence totale de visibilité"

Aurélie El Hassak-Marzorati s'inquiète notamment de la diminution des capacités d'orientation en aval : "En moyenne, nous enregistrions 250 entrées et sorties par semaine, ce qui est un rythme déjà insuffisant. La semaine dernière, on est tombés à 166, lundi à 23, mardi à 18, et il y a une absence totale de visibilité pour les jours à venir."

Le centre est censé accueillir les migrants pendant une dizaine de jours. Mais sa saturation a conduit à la formation d'un campement indigne aux portes du site, plusieurs fois évacué. Le dispositif, qui n'est installé que provisoirement porte de la Chapelle, doit déménager le 31 mars pour un site plus pérenne, mais encore inconnu.