Droit du sol : Nicolas Sarkozy change d'avis, et envisage sa suppression

Le président des Républicains a ouvert le débat lors d'une réunion avec des militants du nouveau parti qu'il dirige. 

Nicolas Sarkozy donne un discours à Paris devant des adhérents du parti Les Républicains, le 13 juin 2015.
Nicolas Sarkozy donne un discours à Paris devant des adhérents du parti Les Républicains, le 13 juin 2015. (ALAIN JOCARD / AFP)
France Télévisions

Mis à jour le
publié le

Faut-il limiter le droit du sol aux citoyens de l'Union européenne ? Cette proposition du député des Républicains Eric Ciotti semble en tout cas séduire Nicolas Sarkozy. Dans un discours prononcé samedi 13 juin pour la première réunion des nouveaux adhérents, à Paris, le président des Républicains a rouvert le débat sur le droit du sol. Une réponse, parmi d'autres, à la crise que traverse l'Union européenne face à l'afflux de migrants venus d'Afrique et du Proche-Orient

"Faut-il ou non remettre en cause le droit du sol ? C'est une question qui peut se poser", a estimé l'ancien chef de l'Etat. Selon Le Figaro, Nicolas Sarkozy a assuré ne vouloir fermer aucune porte auprès des militants du parti qu'il dirige. "Tous ces sujets feront l'objet d'un débat et d'un vote", a-t-il affirmé.

En 2012, Nicolas Sarkozy voulait "garder le droit du sol"

Cette proposition tranche avec la position défendue jusqu'ici par Nicolas Sarkozy. En 2012, quelques jours avant l'élection de François Hollande, il déclarait : "Nous garderons le droit du sol, car le droit du sol, c'est la France." 

Son revirement a été défendu par l'ancienne ministre Nadine Morano, dimanche. "Je partage cet avis qui est d'ouvrir ce dossier [sur le droit du sol], a-t-elle réagi sur Radio J. A un moment, il faut savoir ce que l'on veut. Est-ce que l'on veut une politique migratoire qui nous déborde, ou est-ce que l'on souhaite une politique migratoire responsable ?"

Manuel Valls "ne veut pas ouvrir" ce débat

Interrogé dimanche sur ce même thème à Mayotte, où il est actuellement en déplacement, le Premier ministre, Manuel Valls, s'est montré en revanche intransigeant. "La question du droit du sol, je ne veux pas l'ouvrir", a-t-il dit.

Mayotte, plus jeune département français, est confronté à une importante immigration irrégulière. Mais pour le Premier ministre, le droit du sol n'est pas à géométrie variable. "Ce n'est pas possible d'avoir un droit du sol ici et un droit du sang là-bas."