Comment des pays européens enseignent aux migrants à bien se comporter avec les femmes

En Norvège, en Autriche ou en Allemagne, des conseils ou des cours sont destinés aux migrants. L'objectif : leur expliquer comment se comporter avec les femmes.

Un centre de réfugiés dans des containers à Kirkenes (Norvège), le 12 novembre 2015.
Un centre de réfugiés dans des containers à Kirkenes (Norvège), le 12 novembre 2015. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)
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Carole BélingardFrance Télévisions

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"Forcer quelqu’un à avoir un rapport sexuel n’est pas autorisé en Norvège." La phrase est extraite d'un manuel à destination des migrants en Norvège, rapporte The New York Times (en anglais), samedi 19 décembre. Certains pays européens souhaitent apprendre aux migrants quels comportements ils doivent, ou non, adopter envers les femmes. Francetv info fait le tour de quelques-unes de ces initiatives qui ont récemment vu le jour.

Norvège : des cours basés sur le volontariat

En Norvège, une association propose aux réfugiés des cours où l'on apprend à distinguer "le bien et le mal", raconte The New York Times. Ces cours, basés sur le volontariat, sont financés par le gouvernement norvégien. "Beaucoup de réfugiés viennent de cultures où l'égalité homme-femme n'existe pas, et où les femmes sont la propriété des hommes", explique Per Isdal, un psychologue qui travaille avec l'association. "Nous devons les aider à s'adapter à leur nouvelle culture", ajoute-t-il.

Le journal explique que ce programme, censé prévenir les agressions sexuelles, est né après une série de viols commis entre 2009 et 2011 à Stavanger. Cette ville pétrolière attire beaucoup de migrants, selon The New York Times. "Les gens de certaines régions du monde n'ont jamais vu une fille en minijupe, seulement en burqa", affirme au quotidien américain Henry Ove Berg, chef de la police de Stavanger à cette époque, qui soutient cette initiative.

Danemark : bientôt de l'éducation sexuelle obligatoire ?

Ce programme norvégien pourrait faire des émules au Danemark. Des parlementaires de différents partis politiques souhaitent même que des cours d'éducation sexuelle soient intégrés aux cours de danois pour les migrants, relaie The Local (en anglais). Il s'agirait donc d'un programme obligatoire.

Au Danemark, cela intervient dans un contexte de moins en moins favorable aux migrants. Le gouvernement a lancé, en septembre, une campagne controversée qui leur signifie qu'ils ne sont pas les bienvenus. Par ailleurs, le gouvernement danois doit présenter, en janvier, un projet qui vise à confisquer les bijoux et autres effets de valeur aux migrants.

Autriche : des brochures explicatives

L'Autriche a opté pour des plaquettes informatives, avec les comportements attendus et ceux qui sont indésirables, relaie Kurier (en allemand). Le ministère de l'Intérieur a présenté cette brochure samedi 19 décembre. Une version en ligne existe aussi. Plusieurs sujets sont abordés : les droits de l'homme, la liberté, la démocratie, l'égalité, les droits de l'enfant.

Il est ainsi précisé que la violence, y compris au sein de la famille, est interdite en Autriche. Une illustration d'un homme en train de frapper une femme est ainsi barrée d'une croix rouge. La ministre de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner, explique que c'est "un grand défi", car certains migrants arrivent avec "des cultures très différentes". "C'est une question d'équité, d'informer ces gens le plus tôt possible sur ce qui les attend dans notre pays afin d'éliminer les malentendus", précise-t-elle.

Allemagne : des cours pour les ados et un courrier 

Selon The New York Times, l'Allemagne expérimente des cours de comportement dans un centre dédié aux adolescents migrants à Passau, en Bavière.

Par ailleurs, un maire d'une petite commune située près de Francfort a édicté des règles à respecter, dans un courrier envoyé aux migrants hébergés dans une ancienne caserne militaire de sa commune, rapporte Le Figaro. Parmi ces conseils souvent surprenants, l'un concerne les femmes : "Les jeunes filles sont incommodées lorsqu'on leur demande leur numéro de téléphone, et ne veulent se marier avec personne."