Certaines catégories d'immigrés sont plus instruites que la moyenne de la population française

Selon une étude publiée par l'INED, les personnes qui viennent en France font souvent partie des groupes les plus instruits de leur pays d'origine.

Une travailleuse sociale donne des vêtements à un homme dans un centre pour migrants et réfugiés, à Paris, le 10 novembre 2016.
Une travailleuse sociale donne des vêtements à un homme dans un centre pour migrants et réfugiés, à Paris, le 10 novembre 2016. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)
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Ces conclusions vont tordre le cou à bien des idées reçues. L'institut National d'Etudes Démographiques (INED) indique dans un rapport (document PDF), publié mardi 14 février, que certaines catégories d'immigrés qui sont installés en France sont plus plus instruites que la population française générale.

"Les plus instruits de leur pays d'origine"

Pour mener cette étude, l’Ined a combiné les chiffres du recensement français de 2012 et ceux de la base de données Barro-Lee qui évalue les niveaux d’instruction dans 150 pays.

Le démographe Mathieu Ichoua a alors découvert que "37 % des immigrés nés en Roumanie et vivant en France possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur, comme 43 % des Chinois, 35 % des Vietnamiens ou 32 % des Polonais, alors que 'seulement' 27 % de la population générale adulte de France dispose d’un grade universitaire", rapporte Le Monde. Et les individus qui quittent leur paus pour s'installer en France "font même presque tous partie des groupes les plus instruits de leur pays d'origine", indique le rapport. 

Pour quitter son pays, il faut en avoir les moyens

Le démographe explique au Monde que "contrairement à ce que l’on croit a priori, les migrants maliens qui arrivent [en Europe] sont souvent issus des classes moyennes ou supérieures de leur pays". Il rappelle que "pour quitter l’Afrique, il faut désormais bénéficier d’un certain niveau de capital économique, social et intellectuel". En clair, "il faut avoir suffisamment d’argent pour couvrir le coût du voyage et de l’installation en France", poursuit-il, selon La Croix.

Mais le quotidien rappelle que de nombreux immigrés, sur le sol européen, ne réussissent à faire reconnaître leur diplôme ou subissent des discriminations, et rencontrent des difficultés pour intégrer le marché du travail.