Campements évacués de la porte de la Chapelle : "Si on me donne un toit, je veux bien partir d’ici"

Les forces de l'ordre ont procédé mardi matin à l'évacuation de plusieurs campements illicites de migrants porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. Entre 1 000 et 1 500 personnes vivaient sur ce terrain vague où s’est rendu franceinfo. 

Des migrants et réfugiés font la queue, mardi 9 mai, pour recevoir café chaud et nourriture avant d\'être évacués des campements illicites où ils vivent depuis plusieurs semaines porte de la Chapelle, dans le nord de Paris.
Des migrants et réfugiés font la queue, mardi 9 mai, pour recevoir café chaud et nourriture avant d'être évacués des campements illicites où ils vivent depuis plusieurs semaines porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)
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Edité par Cécile MimautfranceinfoAnne LamotteRadio France

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Plusieurs campements illicites de migrants ont été évacués mardi 9 mai, porte de la Chapelle, dans le nord de Paris. Environ 350 policiers ont mené cette opération, entre 6h et 9h30 du matin. Une centaine de personnels de l'Etat et de ses partenaires étaient eux aussi sur place. Entre 1 000 et 1 500 personnes vivaient dans ces campements où s’est rendu franceinfo. 

De la rue aux centres d'hébergement

Sur ce terrain vague au nord de Paris patientent, debout dans le calme, des centaines d’hommes, des Erythréens, des Afghans, des Soudanais, des Pakistanais aussi. Ils font la queue pour prendre un café avant de monter dans des bus de la préfecture de Paris qui les emmènent dans des centres d’hébergement en Ile-de-France. Là-bas, ils seront mis à l’abri, pris en charge, nous explique la préfecture. S’ils le souhaitent, ils pourront faire une demande d’asile, avant de partir dans d’autres centres d’accueil partout en France. C’est ce que souhaite Jamil. Cet Afghan de 25 ans dort sous une tente depuis quatre mois porte de la Chapelle. "Moi, je m’en vais, pas de problème. Si on me donne un toit, je veux bien partir d’ici", nous dit  le jeune homme.

Ça fait quatre mois que je dors dans la rue. J’ai pas de maison, pas de douche, rien à manger et puis y a trop de problèmes dans la rue

Jamil, 25 ans, migrant afghan

à franceinfo

L'accueil des migrants, une question qui ne se résume pas aux centres d'hébergement

Jamil dormait ici, sur le trottoir, à quelques mètres seulement du centre humanitaire Dubois géré par Emmanüs. Ce centre peut accueillir 400 personnes. Il est plein mais pas saturé, assure la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse. Il faut juste, dit-elle, y "améliorer la fluidité". Quand on lui demande si la France est en sous-capacité d’accueil des migrants, elle nous répond que "c’est un peu plus compliqué que cela". "Il y a surtout comment est-ce qu’on arrive à les accueillir et à les faire rester dans nos centres", explique-t-elle. "On voit bien que des personnes qui sont maintenant dans des centres depuis plusieurs mois dans tout le territoire français, aujourd’hui commencent à construire leur vie en France, mais ce n’est pas si évident que ça", poursuit la ministre.

Ce qui est certain, c’est qu’il y aura des migrations tant qu’il y aura des conflits. Il faut aussi regarder les choses avec lucidité. C’est une question notamment européenne

Emmanuelle Cosse, ministre du Logement

à franceinfo

Cette question, le gouvernement à venir devra aussi la prendre "à bras le corps", ajoute Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile, également présent ce matin lors de l’évacuation du camp. Et il conclue, catégorique que "si le système d’accueil des migrants n’évolue pas en France, le phénomène d’entonnoir va continuer et les tentes seront de retour d’ici quelques semaines".

Le reportage, porte de la Chapelle, à Paris, d'Anne Lamotte
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