Allemagne : un élu mécontent envoie un car de réfugiés syriens chez Angela Merkel

Avec 31 hommes qui ont déjà obtenu le statut de réfugiés à son bord, le véhicule a stationné près de deux heures devant une entrée secondaire de la chancellerie, avant que ses occupants ne soient conduits vers un hôtel.

31 migrants sont restés dans le bus près de deux heures devant une entrée de la Chancellerie à Berlin (Allemagne), le 14 janvier 2015. 
31 migrants sont restés dans le bus près de deux heures devant une entrée de la Chancellerie à Berlin (Allemagne), le 14 janvier 2015.  (MEHMET KAMAN / ANADOLU AGENCY / AFP)
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Pour lui, il s'agit d'un "acte de désespoir". Un élu mécontent de Bavière, par où arrivent les migrants rejoignant l'Allemagne, a envoyé, jeudi 14 janvier, un autocar avec 31 Syriens à bord vers la chancellerie à Berlin. Il voulait ainsi protester contre la politique d'accueil menée par d'Angela Merkel.

Deux heures devant une entrée de la chancellerie

A son arrivée dans la capitale en fin d'après-midi, le président du canton rural de Landshut, Peter Dreier a expliqué vouloir "émettre le signal qu'on ne peut pas et qu'on ne doit pas continuer ainsi en matière de politique d'accueil des réfugiés". Avec 31 hommes qui ont déjà obtenu le statut de réfugiés à son bord, le véhicule a donc stationné près de deux heures devant une entrée secondaire de la chancellerie, avant que ses occupants ne soient conduits vers un hôtel. L'élu a promis de prendre en charge les frais.

"Nous essayons d'intégrer ces gens mais cela ne marchera pas si une autre vague d'un million (de migrants) arrive", a déclaré M. Dreier sur la chaîne de télévision N24, faisant allusion au nombre record de 1,1 million de demandeurs d'asile recensés l'an dernier en Allemagne. Devant une centaine de journalistes, il a aussi déploré qu'aucun représentant de Mme Merkel ne soit venu à sa rencontre.

Certains des réfugiés syriens "souhaitent poursuivre leur route vers Hambourg (nord) ou ailleurs" tandis que d'autres, si les conditions d'accueil à Berlin ne leur conviennent pas, "retourneront dans notre canton" en Bavière, a-t-il annoncé.

Une utilisation de "la détresse des réfugiés"

L'organisation de défense des droits des migrants Pro Asyl a fustigé cette initiative, qui selon elle "utilise et abuse de la détresse des réfugiés pour dire 'nous voulons fermer les frontières'". "On instrumentalise des gens pour donner des images aux médias", a dénoncé son dirigeant, Günter Burkhardt, sur N24.

Dans un communiqué, le porte-parole de Mme Merkel a rappelé que le gouvernement était "conscient" des défis posés aux collectivités locales par l'accueil des migrants et leur apportait pour cela un soutien financier "conséquent" tout en s'efforçant "par des mesures au niveau européen et international" de réduire le nombre de nouveaux arrivants.