À Paris, Médecins du monde dénonce "un harcèlement" policier auprès des migrants

L'ONG reproche à la police de harceler les migrants et de compliquer ses missions humanitaires, porte de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris.

Médecins du monde intervient dans le quartier de la porte de la Chapelle, dans le nord de Paris, auprès des migrants, ici de retour après une évacuation en juillet 2017.
Médecins du monde intervient dans le quartier de la porte de la Chapelle, dans le nord de Paris, auprès des migrants, ici de retour après une évacuation en juillet 2017. (MAXPPP)
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Guillaume FarriolfranceinfoRadio France

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L'association Médecins du monde, qui intervient auprès des migrants porte de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris, dénonce des difficultés pour mener à bien ses missions humanitaires. L'ONG reproche à la police de l'éloigner des migrants, harcelés dit-elle, dans le quartier. 

Les difficultés de Médecins du monde, porte de la Chapelle à Paris - un reportage de Guillaume Farriol
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Coincé entre le tramway et une barre d'immeuble, le petit camion blanc de Médecins du monde est garé bien loin du centre d'accueil des migrants, situé à environ 800 mètres. Il y a quelques semaines, les bénévoles ont dû quitter leur emplacement habituel. La déléguée régionale de l'association, Jeanine Rochefort, n'en revient toujours pas de la demande inédite de la police adressée à l'ONG.

Alors que nous étions en pleine consultation, la police est venue nous demander de déplacer notre véhicule. Jamais, mais jamais, il n’était arrivé qu’on nous demande de cesser une vacation et d’aller se mettre plus loin.

Jeanine Rochefort, Médecins du monde

En juillet dernier, puis à la mi-août, des campements ont été évacués. Depuis, les forces de l'ordre sont plus nombreuses afin d'interdire tout rassemblement. La police demande systématiquement aux groupes de migrants de se disperser, ce qui complique la tâche des soignants assure Elie, membre de Médecins du monde. "On va vers les gens qu’on repère dans la rue. Les groupes existent mais ils sont beaucoup plus petits, plus éparses, c’est compliqué", déclare-t-il. Elie explique que l'association a du mal à s’installer dans des endroits suffisamment visibles pour que les gens puissent accéder aux soins.

Les bénévoles dénoncent des "entraves" à leur travail et des migrants "harcelés". Un terme "indécent" répond la préfecture de police, qui parle d'"une stratégie digne et équilibrée" pour éviter la recomposition de campements dans Paris.