Ukraine : qui sont les quatre Français partis se battre avec les séparatistes pro-russes ?

"Libération" et "Le Monde" ont rencontré ces jeunes qui affirment avoir fondé, en janvier, le groupe Unité continentale, pour défendre, armes à la main, "les valeurs de la Russie".

Des combattants séparatistes pro-russes paradent avec des soldats loyalistes prisonniers, à Donetsk (Ukraine), le 24 août 2014.
Des combattants séparatistes pro-russes paradent avec des soldats loyalistes prisonniers, à Donetsk (Ukraine), le 24 août 2014. (ALEXANDR OSINSKIY / AFP)
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Ils sont quatre, ont 25 ou 26 ans, et ont rejoint les séparatistes pro-russes qui se battent dans l'est de l'Ukraine. Libération et Le Monde (lien abonnés) ont rencontré, cet été, Victor, Guillaume, Michael et Nikola. Après un voyage chaotique depuis la France, raconté par les deux quotidiens, ils ont revêtu l'uniforme des bataillons de la République populaire autoproclamée de Donetsk le 20 août. Ils se disent "prêts à mourir pour les valeurs de la Russie"

D'anciens militaires...

Nikola Perovic, franco-serbe, a passé cinq ans dans le 13bataillon de chasseurs alpins, où il a fini caporal-chef. Il a notamment combattu dans la vallée de la Kapisa, en Afghanistan. Bilingue en serbe, et avec l'aide de Google pour passer au russe, il sert d'interprète aux trois autres. 

Victor Lenta a, lui aussi, passé cinq ans dans l'armée française, comme caporal du 3régiment de parachutistes d'infanterie de marine, et a servi en Afghanistan, en Côte d'Ivoire et au Tchad. "J’ai vu que nous ne sommes que les supplétifs des Etats-Unis et de l’Otan. Ce n’était pas pour ça que je m’étais engagé", confie-t-il à Libération.

Avec eux, Guillaume, licencié en histoire, et Michael, ancien salarié de Carrefour, très méfiants, qui ne veulent pas donner leur nom de famille. Le dernier, qui a d'abord été distribuer des jouets aux enfants en Syrie, a rencontré les trois autres sur Facebook.

... proches de l'extrême droite

"Nous sommes des nationalistes avec un zeste de socialisme révolutionnaire", confie Victor à Libé. Au micro de TF1, il détaille (à 23'50) : "Ici, c'est deux visages l'Europe qui s'affrontent, celle de l'UE, de l'ultralibéralisme, de l'impérialisme américain, du mariage gay, de l'athéisme, contre l'Europe de Russie, celle de la famille traditionnelle et des valeurs saines."

Le jeune homme a codirigé les Jeunesses identitaires à Toulouse, selon Le Monde, participé au développement de la section locale des Jeunesses nationalistes et est "proche du Lys noir, un groupuscule putschiste prônant un coup d'Etat militaire"

Guillaume est à la fois sympathisant des Jeunesses identitaires et du Parti de la France, et membre du mouvement skinhead Troisième voie. Michael et Nikola, eux ont des contacts avec diverses organisations radicales, mais sans engagement formel.

Fondateurs d'un groupuscule d'embrigadement

Selon Le Monde, ils affirment "être les fondateurs d'un mouvement ultranationaliste nommé Unité continentale". Un "réseau d'avant-garde géopolitique et continentale" selon leur page Facebook qui compte près de 2 300 likes.

Volontaires bénévoles, ils souhaitent préparer l'arrivée d'autres Français sur place et estiment avoir une vingtaine de candidats. Avec l'aide de Dobrovolets, une "'organisation humanitaire' [russe] acheminant médicaments, nourriture et équipement militaire pour les séparatistes""quelque Allemands, des Espagnols, des Tchèques et des Norvégiens les ont déjà rejoints", selon Le Monde.

Mais l'Ukraine n'est qu'une étape de leur combat. "Si on est toujours en vie, une fois cette guerre finie, on ira aider les chrétiens d'Irak et dessouder de l'islamiste", confie Nikola au Monde.