Le plan de François Hollande prévoit la création d'une zone démilitarisée en Ukraine

Le président de la République confie à France 2 que son projet, toujours en négociations, prévoit la création d'une zone démilitarisée de 50 à 70 kilomètres de part et d'autre de l'actuelle ligne de partage dans l'est du pays.

Le président français François Hollande échange avec son homologue russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel, lors d'une réunion consacrée à la crise en Ukraine, à Moscou (Russie), le 6 février 2015.
Le président français François Hollande échange avec son homologue russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel, lors d'une réunion consacrée à la crise en Ukraine, à Moscou (Russie), le 6 février 2015. (MAXIM ZMEYEV / AFP)

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Après deux jours de discussions à Kiev et Moscou, François Hollande donne plus de détails sur un éventuel plan de paix pour l'Ukraine. De retour en France, samedi 7 février, le président de la République confie à France 2 que son projet, toujours en négociations, prévoit la création d'une zone démilitarisée de 50 à 70 kilomètres de part et d'autre de l'actuelle ligne de partage dans l'est du pays, région aux mains des séparatistes prorusses.

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Dans l'avion pour Brive (Corrèze), le chef de l'Etat confie envisager une autonomie forte des territoires de l'est de l'Ukraine, marqués par le conflit entre le régime de Kiev et les rebelles prorusses. "Ces gens-là se sont fait la guerre, justifie François Hollande. Ce sera difficile de leur faire partager une vie commune."

"Encore quelques jours" de négociations

Le président de la République et la chancelière allemande Angela Merkel travaillent à la mise en oeuvre de ce plan de paix. Cinq heures de négociations "constructives" et "substantielles" ont eu lieu vendredi avec le président russe Vladimir Poutine, a expliqué un porte-parole du Kremlin. "Je ne veux pas donner de pronostic" sur la conclusion d'un accord durable, explique samedi François Hollande. Le président de la République estime qu'il faudra "encore quelques jours" avant que les négociations ne parviennent à leur conclusion.

Angela Merkel se montre elle aussi prudente. La chancelière allemande n'est "pas certaine" pour l'heure que les négociations aboutiront. Elle doit retrouver plusieurs protagonistes de la crise en Ukraine à la conférence sur la sécurité de Munich (Allemagne), l'occasion pour elle de rencontrer à la mi-journée le président ukrainien Petro Porochenko et le vice-président américain Joe Biden.

Le "cynisme" de Poutine "lié à son rapport de force"

François Hollande s'est également confié sur l'état d'esprit de Vladimir Poutine pendant les négociations : "C'est un mélange d'analyse, d'apparente douceur et de brutalité qui peut surgir à tout moment. Son cynisme est lié à son rapport de force. Il sait que les séparatistes gagnent la guerre."

Il y a selon le président "un fait structurant de la pensée du maître du Kremlin : il s'est construit intellectuellement et politiquement sur la menace absolue que représente pour lui les États-Unis".