Ukraine : plus de 60 morts à Kiev dans la journée, selon des médecins de l'opposition

Au moins 60 morts à Kiev à l'occasion de cette nouvelle journée de violence, selon des médecins sur place.

Des manifestants lors des affrontements qui les opposent aux forces de l'ordre, place de l'Indépendance, à Kiev (Ukraine), jeudi 20 février 2014. 
Des manifestants lors des affrontements qui les opposent aux forces de l'ordre, place de l'Indépendance, à Kiev (Ukraine), jeudi 20 février 2014.  (BULENT KILIC / AFP)
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La violence se déchaîne, jeudi 20 février en Ukraine, entre forces de l'ordre et manifestants. Au moins 60 personnes sont mortes par balles à Kiev, indiquent des médecins de l'opposition sur place.

Des snipers de la police ont tiré à balles réelles depuis le haut des immeubles entourant le Maïdan, la place de l'Indépendance, dans la capitale. Des cadavres ont été retrouvés gisant sur le sol ou devant les hôtels. Toute la matinée, les témoins ont assisté à des scènes de guérilla urbaine.

Alors que la capitale ukrainienne connaît des violences inédites depuis 20 ans aux portes de l'UE, la ville a sombré dans le chaos

Des déflagrations et des snipers sur les toits 

Des médecins proches de l'opposition ont estimé que certains des tués avaient été visés par des snipers. Les alentours de la place sont à de nombreux endroits couverts de flaques de sang, rapporte l'AFP.

Des déflagrations se font entendre régulièrement aux alentours de la place de l'Indépendance, dans l'épaisse fumée des feux de pneus allumés par les manifestants pour entraver la progression des forces antiémeute.

Des hôtels servent d'hôpitaux de fortune

Certains hôtels situés près de la place Maïdan ont été transformé en hôpitaux de fortune. A l'intérieur, les blessés s'entassent, et les premiers soins se font parfois à même le sol. Les corps de ceux que les équipes médicales n'arrivent pas à sauver sont placés dans un coin. Selon Olha Bohomolets, médecin citée par un journaliste sur place, "les policiers ont tiré pour tuer, en visant le cerveau, le cœur, le cou, les poumons". 

Aller récupérer les blessés sur le champ de bataille constitue par ailleurs une opération périlleuse. Les opposants doivent se protéger pour éviter les balles de kalachnikov utilisées par les membres des forces spéciales venues appuyer la police.

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FRANCK GENAUZEAU / GIONA MESSINA - FRANCE 2

Les habitants confinés chez eux 

Alors que la situation évolue très vite, le ministère de l'Intérieur a appelé jeudi les habitants de Kiev à ne pas sortir et à ne pas se rendre au centre-ville. "En ce moment, il vaut mieux limiter les déplacements en voiture particulière et ne pas sortir dans la rue. Il y a des gens armés avec des intentions agressives dans les rues de Kiev," indique le ministère.

Plus tôt dans la journée, plusieurs milliers de manifestants, dont des femmes et des retraités, ont participé à une sorte de meeting permanent sur la place, où l'opposition a maintenu une scène sonorisée malgré les affrontements des deux derniers jours.

Le maire démissionne

Le maire de Kiev a annoncé jeudi qu'il quittait le parti du président Viktor Ianoukovitch pour protester contre les violences. "Je suis prêt à tout faire pour arrêter la lutte fratricide et le bain de sang dans le cœur de l'Ukraine, sur la place de l'Indépendance. La vie humaine doit être la valeur supérieure dans notre pays et rien ne doit contredire ce principe", a déclaré Volodymyr Makeïenko. 

Le siège du gouvernement évacué

Le siège du gouvernement, qui se trouve dans le centre-ville non loin de la place de l'Indépendance, a été entièrement évacué. Au même moment, une troïka de ministres des Affaires étrangères européens, le Français LaurentFabius, l'Allemand Frank-WalterSteinmeier et le Polonais RadoslawSikorski, arrivaient à Kiev. A la mi-journée, ils ont rencontré le président ukrainien, ViktorIanoukovitch, a indiqué une porte-parole.

Les trois ministres européens doivent également rencontrer les leaders de l'opposition, puis se rendre à Bruxelles pour rendre compte à leurs homologues des résultats de ces pourparlers lors d'une réunion extraordinaire qui pourrait aboutir à l'instauration de sanctions.