Les Suisses appelés à se prononcer pour ou contre "le renvoi des étrangers criminels"

L'Union démocrate du centre (UDC), à droite de l'échiquier politique helvète, est à l'origine de cette proposition. Une votation similaire avait déjà été organisée en 2010.

Une affiche en faveur du oui à la votation "pour le renvoi effectif des étrangers criminels", le 9 février 2016 à Zurich (Suisse).
Une affiche en faveur du oui à la votation "pour le renvoi effectif des étrangers criminels", le 9 février 2016 à Zurich (Suisse). (ENNIO LEANZA / AP / SIPA)
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Ce n'est pas la première fois que la question est posée à nos voisins helvètes. Les Suisses sont appelés aux urnes, dimanche 28 février, à l'occasion de plusieurs votations, dont l'une est baptisée "Pour le renvoi effectif des étrangers criminels", raconte Slate.

Déjà, en novembre 2010, les électeurs avaient dit oui à 52,3% au "renvoi des étrangers criminels", rappelle la RTS. L'Union démocrate du centre (UDC), à droite de l'échiquier politique helvète, insiste cette fois-ci sur le terme "effectif" car le Parlement n'aurait pas respecté l'esprit de la première votation, précise le groupe audiovisuel public. Il laissait en effet une marge d'appréciation au juge, détaille Le Figaro (article payant), notamment si l'expulsion mettait le délinquant en danger.

Plus de 10 000 personnes potentiellement concernées

Le nouveau texte prévoit l'expulsion automatique des étrangers condamnés à certaines infractions comme meurtre, lésions corporelles graves, effraction, vol qualifié, escroquerie, traite d'êtres humains. Seraient également concernés les étrangers récidivistes condamnés pour des infractions moins lourdes, comme lésions corporelles simples, violation de domicile ou dénonciation calomnieuse. En 2014, 10 210 personnes auraient été concernées, explique la RTS.

Cette proposition fait face à une forte opposition, y compris de la ministre de la Justice, Simonetta Sommaruga. Dans Le Temps, en décembre, elle expliquait que l'initiative l’initiative contreviendrait aux engagements internationaux de la Suisse tels que la Convention européenne des droits de l’homme.