Les quatre mesures chocs d'Ada Colau, la nouvelle maire de Barcelone

Issue du mouvement des Indignés, cette activiste de 41 ans prévoit notamment de réduire le salaire du maire de près de 10 000 euros par mois. 

Ada Colau, nouvelle maire de Barcelone, le 25 mai 2015, au lendemain des élections municipales.
Ada Colau, nouvelle maire de Barcelone, le 25 mai 2015, au lendemain des élections municipales. (ALBERT LLOP / ANADOLU AGENCY / AFP)
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Ada Colau s'est fait connaître en Espagne en protestant contre les expulsions des petits propriétaires endettés. Arrivée en tête à l'issue des élections municipales du 24 mai, elle va officiellement s'installer, samedi 13 juin, dans le fauteuil de maire de Barcelone, grâce à l'appui d'autres partis de gauche. 

Francetv info revient sur quatre mesures chocs issues du programme pour lequel a été élue cette militante non encartée de 41 ans qui menait la liste Barcelone en commun, soutenue notamment par le parti Podemos, né du mouvement des Indignés.

Une baisse de son salaire de 10 000 euros par mois

"Si nous étions élus, la première chose que nous ferions serait d'élaborer une charte éthique", avait prévenu la candidate, citée dès le mois d'avril par le site El Economistas.es. Et cela se traduit par un salaire plafonné à 2 200 euros net par mois, pour elle comme pour tous les cadres de la mairie, et par l'abandon de leurs avantages. Le maire sortant, l'indépendantiste conservateur Xavier Trias (CiU) recevait quant à lui 143 000 euros par an, soit environ 12 000 euros mensuels.

En tant qu'employée d'un Centre d'études économiques et sociales, et en tant que porte-parole de la Plateforme des affectés par l’hypothèque (PAH), organisation qui lutte contre les expulsions de familles surendettées, Ada Colau assure n'avoir jamais gagné un salaire supérieur à 1 500 euros par mois. 

Enfin, toujours par mesure d'économie, elle réduira le nombre de voitures officielles détenues par la municipalité. Elle-même met un point d'honneur à se déplacer en transport en commun, rappelle l'AFP.

Une régulation du secteur du tourisme

C'est "le point le plus polémique de son programme", explique Le Monde dans cet article consacré à la candidate : dans son programme, elle dénonce un tourisme "hors de contrôle" dans la capitale catalane. Elle déplore un centre historique saturé d’hôtels et d’appartements touristiques, responsable de l'explosion des loyers et de l'éloignement des petites entreprises.

Elle envisage ainsi d'appliquer un moratoire sur l’ouverture de nouveaux hébergements touristiques le temps que soit rédigé un plan urbanistique de régulation, explique Le Monde.fr. Une révolution dans ce secteur qui représente 12 % du PIB espagnol.

La fin des expulsions et la réquisition de logements vacants

Au début de l'année 2014, la PAH assurait avoir empêché plus d'un millier d'expulsions et avoir permis le relogement d'un millier de personnes, rapporte l'AFP. A la tête de l'organisation, Ada Colau entend bien porter ce combat à la mairie de la ville, avec un rêve qu'elle résume ainsi : faire de Barcelone "une référence mondiale en tant que ville démocratique et socialement juste." 

Dans un pays où 3,4 millions de logements restent vides, elle promet de paralyser les expulsions dans la ville et de convertir les appartements vides appartenant à des banques et à des fonds d'investissement en logements sociaux, détaille El Periodico (en espagnol). Selon son programme, 30% des nouvelles constructions devront accueillir des logements sociaux. 

Un revenu minimum et une nouvelle monnaie

Alors que plus d'un tiers des Barcelonais appartiennent désormais aux classes pauvres ou très pauvres, rappelle Le Monde.fr, le programme de Barcelone en commun prévoit également de lancer un revenu minimum de 600 euros mensuels pour les familles les plus modestes.

Enfin, il prévoit la création d'une monnaie propre à la ville de Barcelone, afin de permettre des transactions au niveau local, explique El Periodico. "Mais beaucoup doutent que celle-ci puisse être mise en place", conclut l'article.