Ni toxiques, ni cancérigènes. Pour le service de santé publique britannique, les implants mammaires de la marque Poly implants prothèses (PIP), remplis d'un gel de silicone "frelaté", ne présentent pas de risque pour la santé. "Les multiples tests réalisés (...) ont montré que ces implants (...) ne présentent pas de risques à long terme pour la santé des femmes", a expliqué le professeur Bruce Keogh, qui a dirigé l'étude, publiée lundi 18 juin.

Toutefois, le taux de rupture de ces implants est deux fois plus élevé que ceux des autres marques, selon cette étude réalisée par des experts. Ils ont 15 à 30% de chance de se déchirer après dix ans d'utilisation, alors que ceux des autres marques présentent un taux de rupture de 10% à 14% sur la même période. 

Vingt cas de cancer en France

L'étude britannique a porté sur 240 000 implants de différentes marques placés sur 130 000 femmes en Angleterre. Après les révélations sur les implants PIP, les autorités britanniques n'ont pas recommandé de retrait aux 47 000 femmes porteuses au Royaume-Uni, comme c'est le cas en France. Près de 8 000 femmes ont bénéficié d'un retrait de prothèses PIP en France, selon un bilan diffusé fin avril par l'Agence nationale de sécurité du médicaments et des produits de santé (ANSM).

Le gouvernement français a recommandé, le 23 décembre 2011, aux femmes porteuses de ces prothèses de les faire enlever "à titre préventif et sans caractère d’urgence". Un avis scientifique rendu au gouvernement en décembre affirme lui aussi qu'il n'y a pas "de risque accru de cancer" chez les femmes porteuses de prothèses PIP.

Pourtant, vingt cas de cancer ont été déclarés en France chez des femmes porteuses de prothèses PIP. Une porteuse d'implants mammaires de cette marque, Edwige Ligoneche, est morte en novembre après avoir développé un lymphome à l’endroit même de son implant mammaire de marque PIP.