C'est le premier sommet européen de l'année. Les chefs d'Etat et de gouvernement des 27, réunis lundi 30 janvier à Bruxelles (Belgique), espèrent que cette réunion marquera le début d'une sortie de crise. Dans une UE où le chômage a atteint 9,8 % contre 7,1 % en 2008, les cures d'austérité sont de plus en plus difficiles à faire avaler aux populations. La preuve : en Belgique, une grève générale paralyse depuis lundi matin les transports publics et de nombreuses institutions du royaume. 

L'austérité actée lors des précédents sommets, la croissance, la relance et la lutte contre le chômage doivent monopoliser les débats. Mais pas seulement.

Sujet 1 :  après l'austérité, la croissance 

Les précédents sommets ayant acté le principe de retour à l'équilibre budgétaire,  les dirigeants européens espèrent cette fois envoyer un message d'espoir à leurs concitoyens. Pour cela, deux pistes seront étudiées : faire redémarrer la croissance, par exemple en aidant les petites et moyennes entreprises, et lutter contre le chômage, notamment chez les jeunes.

"Il n'est évidemment pas question de relance à travers de nouveaux grands emprunts comme après la crise financière de 2008, analysent Les Echos lundi. En revanche, il s'agit d'identifier des domaines de compétences européens favorisant la reprise, via une meilleure coordination de certaines politiques ou la mobilisation de fonds inutilisés." D'ici à fin 2013, la Commission européenne a annoncé vendredi qu'elle disposait encore de 82 milliards d'euros d'aides régionales et sociales qui n'étaient pas engagées et qui pouvaient être redéployées pour l'emploi et les PME.

"Il s'agit surtout de profiter de l'accalmie des marchés pour jeter un oeil plus prospectif sur l'avenir et montrer que la gouvernance économique de l'Europe parle d'autres choses que de rigueur", conclut le quotidien économique. 

Sujet 2 : la mise sous tutelle de la Grèce 

La Grèce s'invite (encore) au coeur des débats européens. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a laissé planer lundi la menace d'un arrêt des prêts européens si les Grecs ne mettaient pas en œuvre les réformes promises. L'hypothèse d'une mise sous tutelle européenne de la Grèce avec droit de veto sur les décisions budgétaires du gouvernement s'invite donc au cœur des débats. Peu après, la chancelière Angela Merkel s'est efforcée de calmer la controverse suscitée par cette proposition allemande, affirmant que l'on devait avant tout aider la Grèce à remplir ses promesses de réformes.

En jeu : le déblocage du second plan d'aide au pays d'un montant de 130 milliards d'euros, promis par les Européens en octobre dernier. Cette aide est vitale pour la Grèce, qui doit rembourser 14,5 milliards d'euros de prêts le 20 mars, et n'a pas seule les moyens de le faire. Sans aide, le pays se retrouvera donc en faillite dans moins de deux mois.

"Soit nous avançons sur la voie démocratique où chaque pays est responsable de sa propre politique, soit nous sapons la démocratie dans l'Europe entière", a réagi lundi à Bruxelles Georges Papandréou, le chef de file des socialistes grecs et ex-Premier ministre.

Sujet 3 : entériner le traité de discipline budgétaire

Après les sommets et débats de la fin 2011, une mission de taille attend les 27 dirigeants : peaufiner leur arsenal anticrise. Comme convenu en décembre 2011, ils doivent adopter un nouveau traité visant à durcir leur discipline budgétaire commune. Ce pacte budgétaire prévoit l'instauration généralisée d'une "règle d'or" sur le retour à l'équilibre et l'introduction de sanctions quasi automatiques contre les comptes publics qui dérapent. Reste à s'accorder sur les modalités d'application de ces fameuses sanctions, souhaitées par l'Allemagne. 

Sujet 4 : donner vie au mécanisme européen de stabilité (MES)

Les Européens vont par ailleurs devoir mettre sur les rails le futur fonds de secours financier permanent pour les pays en difficulté de la zone euro, le mécanisme européen de stabilité (MES), qui commencera à fonctionner en juillet. Reste encore à déterminer sa capacité de prêts effective, mais cette question sera abordée par les Européens en mars.