Mohamed Jratlou, le père du petit Younes, au deuxième jour de son procès à Mons (Belgique), le 7 juin 2012. Il a été condamné pour homicide involontaire le 15 juin 2012.
Mohamed Jratlou, le père du petit Younes, au deuxième jour de son procès à Mons (Belgique), le 7 juin 2012. Il a été condamné pour homicide involontaire le 15 juin 2012. (VIRGINIE LEFOUR / BELGA / AFP)

Coupable de "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Le jury populaire de la cour d'assises du Hainaut à Mons (Belgique) a reconnu vendredi 15 juin la culpabilité de Mohamed Jratlou, un Marocain de 71 ans, dans la mort de son fils de 4 ans, Younes. Il a été condamné à neuf ans de prison ferme.

Le corps de l'enfant a été retrouvé à la frontière franco-belge le 10 novembre 2009 et l'affaire a connu de nombreux rebondissements, comme le rappelle RTL.fr. La cour d'assises a cependant écarté l'accusation d'homicide volontaire avancée par le parquet.

Son épouse ne comprend pas le verdict

Bien que n'ayant pas obtenu l'acquittement de son client, Me Xavier Magnée s'est dit satisfait de la décision des jurés. "Il y a eu des violences familiales mais pas l’intention de donner la mort, ce qui fait de la mort de Younes un accident", a-t-il commenté à l'issue de l'audience. L'accusé est resté impassible durant la lecture de la décision. Les jurés ont aussi estimé que le père avait "saisi l'enfant, pour l'empêcher de crier, et lui avait comprimé le thorax", à l'issue d'une violente dispute entre Mohamed Jratlou et son épouse Naïma dans la nuit du 25 au 26 octobre 2009.

A l'énoncé du verdict, son épouse s'est effondrée en larmes. Son avocat, Jean-Me Jacques Vandenbroucke, a expliqué qu'elle "ne comprenait pas" le verdict et qu'elle était toujours persuadée que son mari n'avait pas tué Younes, même involontairement. 

Mohamed Jratlou avait expliqué être parti à la recherche de son épouse, qui avait fui le domicile familial du Bizet après cette dispute. Mais les jurés ont estimé qu'il n'était pas parti tout de suite à la recherche de sa femme et qu'il avait involontairement tué Younes à ce moment-là, avant d'immerger son corps dans la Douve, un affluent de la Lys. Le corps du garçonnet avait été découvert à une douzaine de kilomètres de son domicile.