Capture d'écran du site du Sun annonçant la capture du criminel nazi le plus recherché au monde, le 15 juillet 2012. 
Capture d'écran du site du Sun annonçant la capture du criminel nazi le plus recherché au monde, le 15 juillet 2012.  (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

"Je n'ai rien fait, partez d'ici." Quand les journalistes du Sun ont retrouvé le criminel nazi le plus recherché au monde à Budapest (Hongrie), Laszlo Csatary leur a claqué la porte de son deux-pièces au nez. Le quotidien britannique a publié, dimanche 15 juillet, un portrait de l'homme de 97 ans, accusé de complicité dans la mort de 15 700 juifs pendant la seconde guerre mondiale.

" Le quotidien britannique 'The Sun' a pu le photographier et le filmer grâce à des informations que nous avions fournies en septembre 2011", a annoncé Efraïm Zuroff le directeur du bureau du centre Simon Wiesenthal en Israël, spécialisé dans la traque des nazis. "Il y a dix mois, un informateur nous a donné des renseignements qui nous ont permis de localiser Laszlo Csatary à Budapest. Cette informateur a reçu la prime de 25 000 dollars que nous accordons contre des informations permettant de retrouver des criminels nazi", a poursuivi Efraïm Zuroff.

Toutefois, l'affaire n'intéresse pas les médias israéliens, comme le montre Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem. Les journaux donnent la priorité aux questions sociales et de politique intérieure.

(France 2 / FTVi)

En tête de la liste des nazis recherchés depuis 2005

Efraïm Zuroff a ajouté que les informations sur la localisation avaient été transmises en septembre 2011 au parquet de Budapest. Le procureur adjoint de la République à Budapest, Jenö Varga, n'a pas été en mesure de confirmer l'information, se bornant à déclarer dimanche : "Une enquête est en cours. Le parquet étudie les informations reçues." Depuis avril, le Centre Simon Wiesenthal avait placé Laszlo Csatary en tête de sa liste des criminels de guerre les plus recherchés au monde.

Laszlo Csatary avait été chef de la police dans le ghetto de Kosice, situé aujourd'hui en Slovaquie, où 15 700 Juifs avaient été pour certains assassinés et pour l'immense majorité déportés vers le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, en Pologne. Laszlo Csatary traitait les Juifs du ghetto avec cruauté, fouettant les femmes et les forçant à creuser des tranchées à mains nues, a-t-il ajouté. Condamné à mort par contumace en 1948 par un tribunal tchécoslovaque, il avait disparu et avait réussi à se réfugier au Canada, à Montréal et Toronto, où, sous une fausse identité, il avait exercé l'activité de marchand d'art. Il y a une quinzaine d'années, les autorités canadiennes avaient découvert sa véritable identité ce qui l'avait amené à disparaître de nouveau.