Plusieurs banques espagnoles, dont BBVA, ont vu leur note dégradée par Standard and Poor's, le 30 avril 2012. 
Plusieurs banques espagnoles, dont BBVA, ont vu leur note dégradée par Standard and Poor's, le 30 avril 2012.  (SUSANA VERA / REUTERS)

Retour officiel de la récession en Espagne. Le produit intérieur brut (PIB) du pays a reculé de 0,3% au premier trimestre 2012 par rapport au dernier trimestre 2011 où il avait déjà baissé de 0,3%, selon les chiffres provisoires publiés par l'Institut espagnol de la statistique (lien en espagnol) lundi 30 avril.

Cette tendance avait été pressentie par le gouvernement lui-même et nombre d'économistes. La Banque d'Espagne, plus pessimiste, tablait, elle, sur un repli de 0,4% du PIB. 

Les banques plombées par des actifs toxiques  

Le secteur bancaire espagnol constitue l'une des grandes sources d'inquiétude des marchés, car il est fragilisé depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. La Banque d'Espagne a révélé vendredi que le secteur accumulait pour 184 milliards d'euros d'actifs immobiliers problématiques fin 2011, soit 60% de son portefeuille.

Après avoir dégradé la note du pays jeudi, l'agence de notation Standard & Poor's a également abaissé celle d'une dizaine de banques espagnoles, lundi, dont les établissements Santander et BBVA, qui perdent deux crans. "Nous percevons une probabilité croissante que l'Etat espagnol doive fournir un soutien budgétaire supplémentaire au secteur bancaire", a expliqué l'agence. De quoi menacer davantage le devoir de réduction du déficit.

La Banque d'Espagne envisagerait une "bad bank"

Pour se sortir de ce marasme, la Banque d'Espagne cherche à s'inspirer d'un autre pays dans la tourmente : l'Irlande. Selon le quotidien El Mundo, l'institution a mandaté une entreprise de conseil, BlackRock, connue pour son implication dans le cas irlandais. Son rôle ? Œuvrer à l'assainissement du bilan des établissements bancaires, notamment via la création d'une "bad bank", ou banque de défaisance, qui regrouperait les actifs immobiliers risqués des banques espagnoles.

L'idée serait de "séparer les actifs toxiques des banques espagnoles, afin que ces dernières puissent les enlever de leur bilan", indique le quotidien, citant des sources proches de la Banque centrale, qui aurait aussi fait appel à la société de conseil en stratégie Oliver Wyman. 

Les autorités espagnoles ont en effet imposé au secteur bancaire de nettoyer une fois pour toutes leur bilan face aux actifs immobiliers risqués.