Le Canada a refusé l'accueil à l'oncle du petit noyé, pas à sa famille

La famille de cet enfant syrien de 3 ans retrouvé mort sur une plage de Bodrum (Turquie) n'avait pas encore rempli son dossier pour demander l'asile au Canada.

Les journaux britanniques ont fait leur une, le 3 septembre, avec la photo d'Aylan Kurdi, cet enfant kurde syrien de 3 ans retrouvé mort noyé sur une plage de Bodrum, en Turquie.
Les journaux britanniques ont fait leur une, le 3 septembre, avec la photo d'Aylan Kurdi, cet enfant kurde syrien de 3 ans retrouvé mort noyé sur une plage de Bodrum, en Turquie. (MAXPPP)

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Le Canada n'a pas reçu de demande d'asile pour la famille d'Aylan Kurdi, le petit garçon noyé sur une plage turque dont la photo a fait le tour du monde. L'administration a annoncé jeudi 3 septembre qu'elle n'avait reçu que la demande de l'oncle de l'enfant. "Une demande pour Mohammed Kurdi et sa famille a été reçue par le ministère, mais celle-ci a dû être retournée parce qu'elle était incomplète et ne respectait pas les exigences réglementaires en matière de preuve de la reconnaissance du statut de réfugié", indique Citoyenneté et immigration Canada.

Teema Kurdi, sœur d'Abdullah, le père des deux enfants noyés, Aylan et Ghaled, a reconnu un peu plus tôt dans une déclaration aux télévisions que la demande d'accueil refusée par le Canada était pour son autre frère, Mohammed, et sa famille. Pour une question d'argent, "je n'avais pas encore rempli les papiers d'Abdallah", a déclaré Teema Kurdi, installée à Vancouver (Ouest).

Le Premier ministre promet d'accueillir "plus de réfugiés"

Citée plus tôt jeudi par le quotidien Ottawa Citizen, Teema Kurdi expliquait avoir monté en janvier un dossier d'immigration au titre d'un programme de réfugiés pour son frère Abdallah, son épouse, Rehan, 27 ans, et leurs deux petits garçons. La mère de famille et ses deux enfants sont morts noyés. 

Selon l'administration, "le Canada n'a pas offert de citoyenneté à Abdullah Kurdi" jeudi, contrairement à des informations de presse. Le Premier ministre, Stephen Harper, a cependant compati avec la détresse de cette famille. "Avec mon épouse, Laureen, nous avons vu les images de ce petit garçon mort sur la plage (...). C'est terrible", a déclaré Stephen Harper lors d'un point-presse. "Je pense que tous les parents du Canada et du monde entier réagissent de la même façon en voyant une telle tragédie", a-t-il ajouté, en réaffirmant qu'en cas de réélection en octobre son gouvernement "acceptera plus de réfugiés de Syrie et d'Irak".