La fille de Ioulia Timochenko, Evguenia, le 15 juin 2012, à la mairie du 6e arrondissement de Paris.
La fille de Ioulia Timochenko, Evguenia, le 15 juin 2012, à la mairie du 6e arrondissement de Paris. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

"J'appelle à la poursuite de la pression sur le pouvoir ukrainien." Quelques heures avant le match de l'Euro France-Ukraine, vendredi 15 juin, la fille de Ioulia Timochenko a appelé Paris à rester ferme vis-à-vis de Kiev. Les autorités françaises boycottent la compétition pour protester contre le sort de l'opposante ukrainienne,  incarcérée depuis août 2011 et condamnée en octobre à sept ans de prison pour abus de pouvoir.

Evguenia Timochenko était invitée par la mairie du 6e arrondissement de Paris. Elle parcourt l'Europe depuis septembre pour sensibiliser les gouvernements à la situation de sa mère. L'ancienne Première ministre et égérie de la "révolution orange" en Ukraine en 2004 est malade et dit être victime de mauvais traitements en prison. 

"Une date symbolique"

"Aujourd'hui est une date symbolique. L'Ukraine joue contre la France. Je veux remercier ceux qui, ici, soutiennent ma mère. (…) Il ne faut pas arrêter la pression alors que la répression augmente avant les élections", a expliqué Evguenia Timochenko. Après une cérémonie à la mairie dont la façade est désormais ornée du portrait de sa mère, elle devait rencontrer l'ambassadeur français pour les Droits de l'homme, qui s'est rendu plusieurs fois en Ukraine.

La jeune femme a vu sa mère la semaine dernière dans la colonie pénitentiaire de Kharkiv. "Elle est sous surveillance constante, sous pression psychologique. Elle ne marche toujours pas. Elle ne peut même pas se déplacer jusqu'à la fenêtre. Ils ne la laissent pas téléphoner. Il peut lui arriver Dieu sait quoi et on ne le saura pas", déplore Evguenia Timochenko. L'opposante est détenue à Kharkiv, l'une des quatre villes-hôtes ukrainiennes de l'Euro.