Un policier arrête un manifestant, le 19 mai 2012, à Moscou (Russie). 
Un policier arrête un manifestant, le 19 mai 2012, à Moscou (Russie).  (VLADIMIR ASTAPKOVITCH / RIA NOVOSTI / AFP)

C'est une loi polémique qui répond à la récente mobilisation de la société civile russe contre le pouvoir de Vladimir Poutine. La Douma, la chambre basse du Parlement russe, a adopté mardi 22 mai en première lecture un texte instaurant des amendes considérables pour les personnes violant la loi sur les manifestations. Ce vote fait suite à des heurts entre policiers et opposants le 6 mai à Moscou.

 

Des amendes équivalentes à 3,5 fois le salaire annuel moyen

La loi prévoit une multiplication par 200 du montant des amendes pour toute violation à l'ordre public pendant des manifestations. Elles atteignent ainsi un million de roubles, soit plus de 25 000 euros, contre 5 000 roubles (125 euros) actuellement. Ce montant représente 3,5 fois le salaire moyen annuel russe, de quoi dissuader quelques manifestants.

Quant aux organisateurs de manifestations non autorisées ou de rassemblements qui dégénèrent, ils devront pour leur part payer 30 fois plus qu'actuellement, soit 1,5 million de roubles (38 400 euros).

Objectif : étouffer la vague de contestation

Les députés du parti au pouvoir, Russie unie (238 sièges), ont approuvé le texte par 236 voix. La victoire avec près de 50% des suffrages de Russie unie aux législatives de décembre, obtenue selon l'opposition et des observateurs au prix de fraudes massives, a déclenché une vague de contestation sans précédent ces derniers mois contre le nouveau président Vladimir Poutine.

Des opposants ont manifesté devant le Parlement pour protester contre la nouvelle loi. Cinq d'entre eux ont d'ailleurs été interpellés, selon la police. "Utilisant [les événements] du 6 mai (...) comme prétexte, Russie unie a attaqué la dernière loi plus ou moins démocratique qui nous restait", a commenté le député de l'opposition communiste Vadim Solovïov.