L'extrême-droite qui monte, qui monte en Europe

La percée de l'extrême-droite aux élections suédoises met en lumière un phénomène général en Europe : de la Grande-Bretagne à la Bulgarie en passant par les Pays-Bas, elle a le vent en poupe.

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C'était fin avril-début mai 2002. Le printemps, et surtout, les résultats du premier tour de l'élection présidentielle française, ont fait fleurir d'immenses manifestations contre l'extrême-droite à travers toute la France. Au vu des résultats récents aux élections dans les différents pays de l'Union européenne, ce souffle-là semble un lointain souvenir.

La Suède, ce matin, fait figure d'arbre qui cache la forêt. Les “Démocrates suédois” obtiennent 20 sièges au Parlement, et privent le gouvernement de majorité absolue (lire notre article).
_ Mais le SD est bien loin du record européen de l'extrême-droite, décroché par la Hongrie. Et pas plus tard qu'en avril dernier. Avec 16,7% des voix, le parti Jobbik est, tout comme son homologue suédois, entré pour la première fois au Parlement, et avec 46 sièges. Au lendemain de ces résultats, de nombreux analystes ont espéré que cette situation serait propre à la Hongrie, frappée de plein fouet par la crise et sous perfusion du FMI.

Mais ils ont dû déchanter après les élections aux Pays-Bas, le 9 juin dernier. Dans ce pays fondateur de l'Europe, à l'économie solide, le PVV de Geert Wilders s'est installé comme troisième force dans le paysage politique néerlandais, avec 24 sièges au Parlement, contre neuf auparavant. Un résultat qui a déclenché une crise politique. Les négociations pour former une coalition gouvernementale ne sont toujours pas bouclées.
_ Autre succès électoral récent de l'extrême-droite : l'Autriche, où elle séduit le cinquième des électeurs.

En Italie et au Danemark, l'extrême-droite a franchi un pas de plus en entrant au gouvernement. Symbole de cette politique : Roberto Maroni, le ministre italien de l'Intérieur et membre de la Ligue du Nord, d'Umberto Bossi. Au Danemark, l'alliance dure depuis 2007.

Là où l'extrême-droite est contenue dans les urnes, elle parvient à polluer le débat en imposant ses thèmes aux formations classiques. L'exemple le plus parlant se trouve en Suisse, où en novembre dernier, elle a réussi à faire interdire la construction de minarets grâce à une votation. En Grande-Bretagne, où jusqu'à présent elle était quasi inexistante, le British national party, s'est imposé dans le paysage politique. Et l'immigration a été l'un des principaux thèmes de campagne.
_ Quant à la France, le débat sur l'identité nationale et le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy surfent sur les thèmes chers au Front national.