C'est une victoire pour le Président du conseil italien Mario Monti : les députés ont entériné, mercredi 27 juin, une réforme du marché du travail, gage de sérieux vis-à-vis des autres dirigeants européens. Franchir cette étape avant le sommet européen de jeudi et vendredi était particulièrement important pour le gouvernement italien.

Une réforme clé pour la compétitivité du pays

Très endettée, l'Italie est sous pression des marchés, où ses taux d'emprunt continuent de grimper, et est perçue par certains comme la prochaine sur la liste des pays aidés par l'Europe.

Priorité de Mario Monti depuis son arrivée au pouvoir en novembre 2011, cette réforme vise à rendre le marché du travail plus flexible en facilitant les licenciements économiques, à réduire la précarité et à favoriser l'embauche des jeunes à travers l'apprentissage. Le manque de flexibilité et la "dualité" du marché du travail entre salariés trop protégés et précaires sont considérés par les économistes comme l'une des raisons de la faible productivité et de la croissance atone qui minent le pays. 

Des modifications à venir

Après un premier feu vert au Sénat le 31 mai, Mario Monti avait demandé la semaine dernière au Parlement "d'accélérer" l'examen de la réforme afin que les dirigeants européens puissent "prendre acte" de "l'adoption de cette importante réforme structurelle". Le texte a été adopté définitivement mercredi en début de soirée avec une majorité écrasante de 393 voix pour tandis que 74 députés ont voté contre et 46 se sont abstenus. Certains aspects de la réforme devraient cependant subir des corrections par la suite.

Le PDL (droite, parti de Silvio Berlusconi) réclame plus de flexibilité pour embaucher à durée déterminée tandis que le PD (principale force de gauche) exige des modifications sur l'assurance chômage et une solution pour les personnes laissées sans indemnités de chômage ni pension à cause de la dernière réforme des retraites de décembre dernier.