Incendies au Portugal : le pays vulnérable à cause du réchauffement climatique

Depuis ce samedi 17 juin, un violent feu de forêt sévit dans le centre du Portugal. Il a déjà fait au moins 62 morts. Le pays est régulièrement touché par des incendies à cause du réchauffement climatique.

Un camion de pompiers à proximité des flammes, dans la région Leiria (Portugal), le 18 juin 2017.
Un camion de pompiers à proximité des flammes, dans la région Leiria (Portugal), le 18 juin 2017. (PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP)
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Anne-Laure BarralfranceinfoRadio France

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Depuis samedi 17 juin, le bilan ne cesse de s'alourdir au Portugal où au moins 62 personnes dont un Français ont perdu la vie dans un incendie qui touche le centre du pays.

Ce n'est pas la première fois que le pays est en proie aux flammes ces dernières années. En 2003, année de la canicule, le pays enregistre 20 morts et une perte de 425 000 hectares dans le centre et le sud du pays. Deux ans plus tard, c'est l'une des pires sécheresses depuis 1945 : 18 personnes meurent et 300 000 hectares partent en fumée. L'année dernière, un incendie fait trois morts et 170 blessés sur l'île de Madère. Ces épisodes se répétent régulièrement

Une des pistes qui permettrait d'expliquer ces feux de forêt à répétition, c'est la hausse des températures qui touche particulièrement la péninsule ibérique. "Quand on regarde les tendances, l'augmentation des températures est beaucoup plus forte sur la péninsule ibérique que dans le sud-est de la France", explique Thomas Curt, chercheur sur le phénomène incendie à l'Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) d'Aix-en-Provence.

Les Portugais ont un climat qui devient plus chaud, plus vite que chez vous

Thomas Curt

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La péninsule ibérique est en effet une des zones les plus chaudes en Europe, avec les Balkans. 

L'autre facteur explicatif, c'est l'environnement au Portugal. "Il y a des paysages particulièrement inflammables, analyse Thomas Curt. Il y a beaucoup de pins et beaucoup d'eucalyptus, notamment. Donc l'équation est assez simple." 

Vers des territoires "fire smart"

Malgré ce diagnostic établi par les chercheurs et connu des autorités, le Portugal n'a pas investi ces dernières années dans l'achat d'avions bombardier d'eau. Il doit donc faire appel à la solidarité de la sécurité civile en appelant des renforts d'Espagne, de France voire de Croatie. Mais la lutte semble perdue d'avance : "Face à ces changement climatiques qui vont créer des feux plus grands, plus intenses, plus difficiles à contrôler par les pompiers, ils seront forcément débordés", analyse Thomas Curt. Selon lui, les autorités ne peuvent pas augmenter éternellement les moyens alloués à la lutte contre les incendies. 

Les Portugais travaillent donc sur d'autres pistes pour limiter le risque de feu dans le pays. Les chercheurs étudient notamment la notion de territoires "fire smart", c'est-à-dire des territoires intelligents et bien gérés par rapport à cette problématique. "Ce sont des territoires dans lesquels on maintient notamment de l'agriculture à certains endroits, pour faire barrage à un éventuel incendie, où on débroussaille bien, par exemple", détaille Thomas Curt. Avec une mise à contribution des habitants.

On les encourage à choisir les bonnes espèces à planter autour de leur maison, pour qu'elles soient moins inflammables

Thomas Curt

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C'est en fait toute une démarche de prévention qui se met en place. Un enjeu d'autant plus important que les climatologues confirment que la période des feux de forêt s'allonge depuis 50 ans. Alors qu'elle ne durait que du 15 juillet au 15 août, aujourd'hui les pompiers doivent rester mobilisés du mois de mai au mois d'octobre.