Le Premier ministre britannique, David Cameron, et le président français, François Hollande, le 18 mai 2012 à Washington (Etats-Unis).
Le Premier ministre britannique, David Cameron, et le président français, François Hollande, le 18 mai 2012 à Washington (Etats-Unis). (CHRISTOPHE ENA / AFP)

L'ambiance risque d'être un brin tendue entre François Hollande et David Cameron au G20. Alors que François Hollande atterrissait lundi 18 juin à Los Cabos, au Mexique, pour participer au sommet du G20, le Premier ministre britannique s'est ouvertement réjoui de sa volonté de taxer à 75% les revenus supérieurs à un million d'euros, sur un ton railleur.

Acte 1. "Nous déroulerons le tapis rouge"

"Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, nous déroulerons le tapis rouge, et nous accueillerons davantage d'entreprises françaises, qui paieront leurs impôts au Royaume-Uni, a-t-il déclaré devant une assemblée de dirigeants d'entreprise, en marge du sommet du G20. Cela paiera nos services publics et nos écoles."

David Cameron a déjà critiqué le projet du président français de relever l'imposition des contribuables les plus riches. Il a rappelé lundi que lui avait au contraire abaissé l'imposition des très hauts revenus au Royaume-Uni. 

Acte 2. Pour Michel Sapin, le "tapis rouge va prendre l'eau"

"Je ne sais pas comment on fait pour dérouler un tapis rouge au travers [de la Manche], il risque de prendre l'eau", a ironisé le ministre du Travail français, Michel Sapin, lui aussi présent au G20. "Ce propos a dû lui échapper", a-t-il ajouté.

(FTVi)

Le ministre français, qui venait de rencontrer l'ensemble des partenaires sociaux au niveau du G20, a assuré que patronat et syndicats étaient "tous d'accord pour dire que la question de la croissance, la question de l'emploi et la question du dialogue social sont des éléments indispensables pour remettre d'aplomb nos économies".

Acte 3. Laurence Parisot est "triste pour la Grande-Bretagne"

La représentante du patronat, Laurence Parisot, a justement réagi aux propos de David Cameron, mardi. Elle a déclaré qu'elle ne voulait pas voir d'entreprises françaises sur le "tapis rouge" déroulé par le Premier ministre britannique.

La présidente du Medef a longuement plaidé pour que le gouvernement prenne en compte la situation difficile des entreprises françaises. "Si je vous dis tout ce que je vous dis ce matin, c'est parce que moi je ne veux pas que des entreprises françaises marchent sur ce tapis rouge", a-t-elle expliqué.

Un peu plus tard, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, a jugé sur i-Télé "triste de voir la Grande-Bretagne avoir comme ambition d'être le paradis fiscal de l'Europe".

Acte 4. François Hollande "ne se dissipera pas"

Le président de la République n'a pas voulu entrer dans le jeu des petites phrases. Il a botté en touche en répondant au Premier ministre britannique qu'il n'était au pouvoir que depuis peu de temps. "Sur les politiques fiscales, nous ferons la comparaison", a simplement conclu François Hollande.

(FTVi / France Télévisions )