Florence Hartmann libérée par le TPIY après cinq jours de détention

Porte-parole de l'ancienne procureure du TPIY Carla Del Ponte, elle avait été arrêtée jeudi alors qu'elle assistait au jugement de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic.

Florence Hartmann est arrêtée, le 24 mars 2016 à La Haye, par des gardes du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.
Florence Hartmann est arrêtée, le 24 mars 2016 à La Haye, par des gardes du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. (ROBIN VAN LONKHUIJSEN / ANP)

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Après avoir passé plusieurs jours dans la même prison que des criminels de guerre, Florence Hartmann a bénéficié d'une décision de remise en liberté du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), a annoncé, mardi 29 mars, son avocat, Guénaël Mettraux. L'ancienne porte-parole du procureur du TPIY "est en train de préparer ses affaires", a déclaré l'avocat, disant espérer sa libération imminente. Le TPIY a confirmé sa mise en liberté provisoire "aussi vite que possible".

Porte-parole de l'ancienne procureure du TPIY Carla Del Ponte, de 2000 à 2006, Florence Hartmann, 53 ans, avait été arrêtée jeudi alors qu'elle était venue assister au jugement de Radovan Karadzic. L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie a été condamné à quarante ans de détention pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie, un verdict historique rendu plus de vingt ans après les faits.

Une "perversion pure et simple"

Florence Hartmann avait été condamnée en 2011 pour outrage par la Cour à 7 000 euros d'amende, après avoir divulgué dans un livre deux décisions confidentielles du TPIY qui auraient permis, selon elle, de prouver l'implication de l'Etat serbe dans le génocide de Srebrenica, qui a coûté la vie à près de 8 000 hommes et garçons bosniaques en 1995. Florence Hartmann avait refusé de payer, et cette amende a été convertie ensuite en sept jours de détention. La France avait refusé de la transférer.

Ironie du sort, elle a été placée jeudi en détention dans la prison de l'ONU où sont incarcérés Radovan Karadzic et l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic. "Elle est complètement choquée par la situation", a expliqué l'avocat suisse, soulignant que Florence Hartmann n'avait néanmoins "pas eu de contact direct" avec les accusés du TPIY.

Pour son comité de soutien, le fait qu'elle "se retrouve internée dans la même unité de détention que les criminels de guerre qu'elle a sans relâche combattus par ses actes de bravoure, son engagement indéfectible et ses écrits" relève de la "perversion pure et simple".

Détenue à l'isolement

Selon son avocat, l'ancienne correspondante du Monde a été détenue en isolement et sous une surveillance accrue. Le TPIY a pour sa part assuré que Florence Hartmann était "juste placée à l'écart" du reste des détenus car elle est la seule femme derrière les barreaux de cette prison du quartier balnéaire de La Haye, Scheveningen.

Elle avait été arrêtée jeudi sur la pelouse devant les bâtiments du Tribunal. La foule, venue assister au jugement de Karadzic, avait essayé d'empêcher les gardes onusiens d'emmener Florence Hartmann. En pleurs, celle-ci avait vivement protesté, criant que l'arrestation était "contraire aux droits de l'homme". Plus de 4 600 personnes ont signé la pétition lancée par son comité de soutien, qui évoque une arrestation d'une "rare violence".