Les cabinets de conseil chargés d'évaluer le secteur bancaire espagnol ont rendu leur verdict : le cabinet américain Oliver Wyman a estimé leur besoin de financement à entre 16 et 25 milliards d'euros dans le scénario de base, entre 51 er 62 milliards dans le scénario le plus dur. Le cabinet allemand Roland Berger, lui, l'a chiffré à 25,6 milliards et 51,8 milliards selon les scénarios, a annoncé la Banque d'Espagne jeudi 21 juin. 

Les autorités espagnoles, qui attendaient les résultats de l'audi, vont désormais pouvoir faire leur demande d'aide à l'Europe : selon Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurgroupe, celle-ci interviendra d'ici. Ce dernier a par ailleurs précisé que les fonds viendraient dans un premier temps du Fonds européen de stabilité financière (FESF), puis du Mecanisme européen de stabilité (MES), qui doit entrer en vigueur en juillet pour remplacer le FESF

Les marchés impatients 

La zone euro s'est engagée le 9 juin à prêter jusqu'à 100 milliards d'euros. Selon le ministre des Finances espagnol, Madrid devrait prendre quelques jours pour donner son chiffre. De quoi alimenter encore l'impatience des marchés, qui ont montré jeudi leur inquiétude en imposant à ce pays des taux d'intérêt très élevés pour emprunter trois milliards d'euros

Cette envolée des taux "est un phénomène que l'on observe depuis le début de la crise" car les marchés attendent "le résultat des audits sur la santé réelle des banques espagnoles", avait alors souligné pour FTVi l'économiste Danielle Schweisguth.

Madrid en appelle encore à la BCE

Pour rassurer une fois pour toutes les marchés, Madrid a encore appelé jeudi à une action de la Banque centrale européenne (BCE). Ce qu'elle doit faire, c'est "déboucher les tuyaux du crédit, parce que c'est la seule qui a du crédit", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo.

AvecAthènes, Madrid occupe une place essentielle dans les réunions de l'Eurogroupe. Le quotidien espagnol El Pais (lien en espagnol) affirme que les dix prochains jours seront "décisifs" pour l'avenir de la zone euro et dénonce "l'immobilisme" de l'Allemagne, qui affaiblit selon lui le projet européen.

D'autres audits en attente

Dans un deuxième temps, les cabinets Deloitte, KPMG, PwC et Ernst & Young doivent mener une étude plus approfondie qui permettra d'affiner les mesures d'aide au secteur bancaire. La remise de ce deuxième audit est attendue autour du 31 juillet.