Allemagne : Angela Merkel sous pression sur les réfugiés après une déroute électorale

Le parti de la chancelière, la CDU, a obtenu des résultats très décevants lors de plusieurs élections régionales. A l'inverse, le parti populiste AfD réalise une percée exceptionnelle.

La chancelière allemande, Angela Merkel, tient un discours lors d'un meeting électoral à Haigerloch (Allemagne), le 12 mars 2016.
La chancelière allemande, Angela Merkel, tient un discours lors d'un meeting électoral à Haigerloch (Allemagne), le 12 mars 2016. (THOMAS KIENZLE / AFP)

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Angela Merkel est restée silencieuse, dimanche 13 mars. La chancelière allemande a essuyé un vote sanction lors de trois élections régionales outre-Rhin, des scrutins marqués par une percée exceptionnelle des populistes de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), parti fondé il y a seulement trois ans.

Dans son fief historique du Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest du pays, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel n'arrive que deuxième, tout comme en Rhénanie-Palatinat, dans l'ouest. Dans l'est, en Saxe-Anhalt, les conservateurs peuvent se consoler : ils remportent le vote, mais restent talonnés par l'AfD. Le résultat est d'autant moins réjouissant pour le gouvernement en place que les sociaux-démocrates prennent l'eau aussi. Si le SPD gagne en Rhénanie-Palatinat, il est à moins de 15% dans les deux autres régions.

La question des réfugiés au cœur des débats

Impulsée par Angela Merkel l'été dernier, la généreuse politique d'accueil des demandeurs d'asile – 1,1 million sont arrivés en Allemagne en 2015 – a été au cœur des débats électoraux, et les scores exceptionnellement élevés de l'AfD dans les trois régions (entre 12 et 24%) montrent l'étendue de la fronde contre elle. La question des réfugiés était la préoccupation principale des électeurs, à en croire un sondage relayé par la chaîne publique ZDF (en allemand).

Pour autant, en Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat, respectivement 54% et 58% des sondés jugent positivement la politique migratoire de la chancelière, selon cette même source. Les opinions négatives atteignent en revanche 50% en Saxe-Anhalt.

"Nous avons une ligne claire sur les réfugiés"

La CSU, l'allié bavarois de la CDU, est opposé à la politique migratoire de la chancelière. D'après ce parti, ces résultats prouvent qu'un changement de cap est essentiel. "La seule conséquence logique de ces résultats serait de corriger le cours de la politique sur les réfugiés", a jugé un responsable de la CSU. Mais de hauts responsables politiques ont exclu dès dimanche soir que la chancelière change sa ligne. Ainsi, Angela Merkel refuse de plafonner arbitrairement le nombre de réfugiés accueillis en Allemagne.

Le secrétaire général de la CDU, Peter Tauber, a reconnu "des temps difficiles" mais a dit "ne pas attendre" de changement dans la ligne de la chancelière. "Nous avons une ligne claire sur la politique concernant les réfugiés et nous la gardons", a prévenu Sigmar Gabriel, le vice-chancelier et patron des sociaux-démocrates (SPD) partenaires de la coalition gouvernementale. La chancelière doit s'exprimer lundi à la mi-journée.