Allemagne : Angela Merkel et le SPD ont trouvé un accord pour former un gouvernement

Les négociations avec le parti de la chancelière allemande, réélue fin septembre, duraient depuis plus d'un mois.

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président de la CSU, Horst Seehofer, à Berlin (Allemagne), le 26 novembre 2013. (MAURIZIO GAMBARINI / DPA / AFP)
La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président de la CSU, Horst Seehofer, à Berlin (Allemagne), le 26 novembre 2013. (MAURIZIO GAMBARINI / DPA / AFP) (KAY NIETFELD / DPA / AFP)
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S'il existe un terrain d'entente entre les conservateurs et les socio-démocrates, les Allemands semblent l'avoir trouvé. Deux mois après sa victoire sans majorité absolue aux législatives, la chancelière Angela Merkel (CDU/CSU) a négocié un accord, mercredi 27 novembre, avec le parti social-démocrate (SPD) pour former un gouvernement commun. 

Réunis depuis la veille à Berlin, les responsables des deux partis ont mis fin à plus d'un mois de discussions. Si l'accord est confirmé, Angela Merkel sera finalement élue, le 17 décembre, par les députés du Bundestag à la tête d'un gouvernement de "grande coalition", pour un troisième mandat de quatre ans.

Pourquoi a-t-il fallu trouver un accord ?

Vainqueurs des législatives avec 41,5% des voix, les conservateurs de la chancelière allemande n'avaient pas la majorité nécessaire pour gouverner. Ils ont ainsi dû entamer des négociations, afin de former un gouvernement de coalition avec leurs traditionnels adversaires sociaux-démocrates de gauche.

Que contient cet accord ? 

Angela Merkel a fait plusieurs concessions majeures afin de vaincre les réticences des militants du SPD à s'allier avec un parti de droite. L'ensemble des mesures sociales et des investissements prévus dans ce projet de "grande coalition" devrait représenter 23 milliards d'euros, financés sans augmentation de la fiscalité. 

Un salaire minimum. Dans la nuit, des sources proches des deux partis indiquaient que les conservateurs acceptaient la création d'un salaire minimum en Allemagne (8,50 euros de l'heure) à partir de 2015. Il ne s'appliquerait à l'ensemble des branches qu'à partir de 2017. Le SPD avait fait de l'adoption de cette mesure phare de son programme électoral une condition nécessaire à tout accord de coalition. 

Selon l'institut économique DIW, 5,6 millions de personnes, soit 17% des salariés allemands, gagnent aujourd'hui moins de 8,50 euros de l'heure. Un véritable effort pour la chancelière, qui avait déclaré jeudi : "Je n’y crois pas, mais je vais le faire quand même." 

Amélioration des petites retraites. Après plus d'un mois de tractations et au terme d'une séance de négociations de dix-sept heures conclue au petit matin, les socio-démocrates peuvent se targuer d'avoir en outre obtenu un plan d'amélioration des retraites pour les petits salaires et les mères de famille.

Départ à la retraite avancé. Le SPD a aussi décroché la possibilité d'un départ à la retraite à 63 ans, au lieu de 67, pour les salariés ayant cotisé quarante-cinq ans.

Ni taxe, ni dette"Le résultat est bon pour notre pays et possède une empreinte conservatrice, s'est réjoui Hermann Groehe, secrétaire général de la CDU. Il ne contient pas de nouvelles taxes et pas de nouvelles dettes."  Martin Schulz, le président du Parlement européen et l'un des principaux négociateurs du SPD, a qualifié l'accord d'"excellent résultat".

Quand le gouvernement de coalition sera-t-il en place ?

Cet accord entre les conservateurs de la CDU/CSU et le SPD devra encore être confirmé par un groupe élargi de 75 négociateurs des trois partis, lors d'une réunion imminente.

Il devra aussi être approuvé par les militants du SPD lors d'un référendum début décembre, dont le résultat est incertain. "C'est un paquet [de mesures] que nous pouvons présenter à nos militants et auquel nous pouvons dire oui", a toutefois assuré la secrétaire générale du SPD, Andrea Nahles.