Cologne : indignation et rumeurs après une centaine d'agressions sexuelles

La polémique grandit après des agressions commises la nuit du Nouvel an sur une centaine de femmes. L'afflux des plaintes a suscité un sentiment anti-migrants, bien que les agresseurs ne soient pas identifiés.

(La police allemande multiplie les contrôles à Cologne dans le cadre de l'enquête sur des agressions la nuit du Nouvel an © MaxPPP)
Radio France

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La police de Cologne a annoncé mardi que près d'une centaine de femmes ont porté plainte après des vols, menaces et agressions sexuelles menées par des centaines d'hommes pendant les fêtes du Nouvel an devant la cathédrale de Cologne. L'absence de précisions sur les identités des agresseurs provoque des rumeurs et des réactions contre les migrants.

Une enquête sans aucune interpellation

Beaucoup de questions restent en suspens ce mercredi à propos des agresseurs. Combien étaient-ils, quelques centaines ou un millier, parmi la foule des fêtards du réveillon ? Leur action était-elle coordonnée ? S’agit-il de réfugiés arrivés récemment en Allemagne ou bien de bandes de jeunes venues des quartiers de Cologne ? A ce stade de l’enquête, il est difficile de démêler le vrai du faux. Il n’y a eu aucune arrestation pour l'instant et la police a peu d'espoir de mettre la main sur les auteurs de ces agressions.

Une confrontation politique

Mais dans le climat actuel, la moindre étincelle suffit à enflammer le débat, comme en témoignent les nombreuses réactions politiques. Mardi, Angela Merkel a fait part de son "indignation" face à des actes de violence "insupportables" . La Chancelière a été interpellée par l’extrême-droite qui n’a pas tardé à récupérer politiquement cette affaire. "Madame Merkel, l’Allemagne est-elle suffisamment ouverte sur le monde et multicolore pour vous ? " a lancé ironiquement Frauke Petry, la patronne de l’AFD, le parti populiste Alternativ für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne).

Les anti-migrants se déchaînent sur les réseaux sociaux en reprochant aux médias allemands de n'avoir pas pris suffisamment tôt la mesure de cette affaire. Et, dans le même temps, les appels au calme et à la retenue se multiplient, pour éviter la stigmatisation.

"Nous n’avons aucun indice montrant qu’il puisse s’agir de réfugiés" a martelé la maire de Cologne, Henriette Reker. L'élue a toutefois annoncé un renforcement de la présence policière dans sa ville alors que Cologne s’apprête à accueillir, en février, des centaines de milliers de visiteurs pour le Carnaval le plus couru d’Allemagne.