A peine revenu sur le devant de la scène politique, déjà condamné. Silvio Berlusconi a écopé d'un an de prison, jeudi 7 mars à Milan, pour violation du secret de l'instruction, dans le procès sur le rachat de la banque Unipol. Il devrait faire appel de ce jugement, le premier de trois jugements qui l'attendent en mars. Les deux autres concernent le procès en appel pour fraude fiscale (Mediaset) et celui en première instance pour prostitution de mineure et abus de pouvoir (Rubygate). 

Silvio Berlusconi va-t-il aller en prison ?

Cette condamnation ne signifie pas que l'ex-chef du gouvernement italien va automatiquement être mis sous les verrous. Il nie toute malversation et devrait faire appel. Et en vertu du droit italien, il ne purgera aucune peine de prison tant que tous les recours n'auront pas été épuisés. C'est ce qu'il a fait dans l'affaire Mediaset, pour laquelle il a été condamné à un an de prison ferme, une peine suspendue puisqu'il a fait appel.

Par ailleurs, en Italie, pour les peines inférieures à deux ans et quand il a plus de 75 ans, le condamné ne va généralement pas en prison. Or, le Cavaliere est âgé de 77 ans. En revanche, il peut être assigné à résidence ou confié aux services sociaux. 

Qu'est-ce que l'affaire Unipol ?

Dans cette affaire, Silvio Berlusconi est jugé pour la publication illégale, fin 2005 dans un journal de son groupe, Il Giornale, de la retranscription d'une conversation téléphonique entre Piero Fassino, chef de la gauche à l'époque, et Giovanni Consorte, président de l'assureur Unipol. "Maintenant nous avons une banque", déclarait Fassino à Consorte, alors que la compagnie venait de lancer une OPA sur la banque BNL.

Selon l'accusation, la décision de publier cette écoute a été prise lors d'une rencontre entre Silvio Berlusconi et son frère Paolo, propriétaire du Giornale et condamné à deux ans et trois mois de prison dans cette affaire. Selon le parquet, l'affaire "ne consiste pas seulement en une fuite d'informations" mais a porté préjudice à "Fassino, à l'époque chef de l'opposition", à quelques mois des législatives de 2006. Celles-ci ont finalement été remportées de justesse par la gauche.

Le 20 décembre, le parquet a requis un an de réclusion à l'encontre du Cavaliere. Celui-ci a obtenu en janvier le report à début mars du verdict dans cette affaire, en raison de la campagne électorale pour les législatives des 24 et 25 février