Allemagne : un ancien garde nazi d'Auschwitz jugé à 94 ans

Reinhold Hanning devra répondre de "complicité" dans la mort d'au moins 170 000 personnes entre janvier 1943 et juin 1944.

L'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau (Pologne), le 27 janvier 2016.
L'ancien camp nazi d'Auschwitz-Birkenau (Pologne), le 27 janvier 2016. (ARTUR WIDAK / NURPHOTO / AFP)
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Il est accusé de complicité dans la mort de dizaines de milliers de personnes. Le procès de Reinhold Hanning, ancien gardien d'Auschwitz âgé de 94 ans, s'ouvre jeudi 11 février en Allemagne, plus de 71 ans après la libération du camp par l'Armée rouge.

D'emblée, l'ancien garde sera confronté aux témoignages de plusieurs survivants de la Shoah. Reinhold Hanning, dont l'état de santé ne permet que deux heures d'audience par jour, encourt 3 à 15 ans de prison – une menace essentiellement symbolique vu son âge – pour avoir été complice de la mort d'au moins 170 000 personnes entre janvier 1943 et juin 1944.

Un "rouage" de l'extermination

Reinhold Hanning est le troisième accusé d'une vague de procédures tardives entamées avec la condamnation en 2011 de John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor, puis celle l'an dernier d'Oskar Gröning, ex-comptable d'Auschwitz. Deux autres anciens SS seront jugés fin février à Neubrandenburg puis mi-avril à Hanau.

Comme pour Demjanjuk et Gröning, condamnés avant lui, le parquet ne reproche à Reinhold Hanning aucun geste criminel précis mais l'accuse d'avoir été l'un des "rouages" de l'extermination. A la différence des précédents procès, l'accusation ne se limite plus aux meurtres dans les chambres à gaz, mais englobe les exécutions sommaires et "l'extermination par les conditions de vie".

Membre des Totenkopf

Jeune ouvrier engagé à 18 ans dans les Waffen SS, parti combattre dans les Balkans puis sur le front russe, Hanning a été transféré début 1942 à Auschwitz. Il était membre des Totenkopf, une unité SS sanglée dans un uniforme à tête de mort.

"L'âge n'a pour moi aucune importance", martèle depuis des années le procureur de Dortmund, Andreas Brendel, qui portera l'accusation contre Hanning, estimant que l'Allemagne "doit aux victimes et à leurs proches" de poursuivre jusqu'au bout les crimes du IIIe Reich.